Les achats d’hydrocarbures algériens par les sociétés américaines, à hauteur de 18 milliards, ont chuté à trois milliards de dollars. Ce chiffre a été communiqué hier par le président du Conseil d’affaires algéro-américain, Smaïl Chikhoune, lors de son passage sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale.

Il explique cette chute par le fait que les Etats-Unis ont assuré leur indépendance énergétique grâce à l’exploitation de gaz et de pétrole de schiste. Il préconise une meilleure attractivité du marché algérien pour pouvoir intéresser les compagnies américaines et s’adapter ainsi à ce qui se fait à travers le monde pour attirer plus d’investissements dans le domaine. Ainsi, il revient sur la révision de la loi sur les hydrocarbures, mentionnant les risques «géologiques» que les compagnies américaines prennent lorsqu’elles recherchent de nouveaux gisements, notant que si elles ne trouvent rien «elles auront perdu leur argent».
A ce sujet, il y a lieu de préciser que le ministère de l’Energie a entamé la révision de la loi sur les hydrocarbures, avec l’introduction de mesures législatives et fiscales attractives pour les investisseurs. «Ces nouvelles mesures permettront d’attirer les investisseurs dans le but de renforcer l’exploitation de ressources pétrolières», avait souligné le ministre de l’Energie, ajoutant que l’objectif final est de «développer l’économie du pays, répondre aux besoins nationaux et créer des postes d’emploi», soulignant que le programme de développement des hydrocarbures qui encadre le secteur vise à «élargir les activités d’exploration, le renforcement des réserves et l’amélioration de l’exploitation des gisements de pétrole et de gaz». Dans la même optique, M. Chikhoune relève l’existence de possibilités offertes par l’Algérie dans les domaines des énergies renouvelables, les  gisements d’hydrocarbures en off shore et les «non conventionnels», et annonce l’arrivée prochaine de représentants de compagnies américaines pour conclure des partenariats dans ces domaines particuliers. Il rappelle au passage, que cet intérêt à tisser avec Alger de nouveaux liens dans le secteur des hydrocarbures s’inscrit en droite ligne de la nouvelle politique de Washington de s’investir plus fortement dans le continent africain.  Dimanche, le ministre de l’Energie, M. Mustapha Guitouni, lors d’un entretien avec une délégation de la Chambre de commerce des Etats-Unis, conduite par son vice-président, Myron Brilliant, a émis le souhait de voir les entreprises américaines participer aux appels d’offres que son secteur s’apprête à lancer dans le domaine des hydrocarbures.
Il convient de souligner qu’un débat s’impose, sachant que les investissements énergétiques des compagnies américaines ont enregistré une baisse notable depuis 2010. Une baisse qui s’explique essentiellement par le ralentissement de la croissance «à l’échelle mondiale», avait déclaré, le président du Conseil d’affaires algéro-américain. Pour rappel, fin octobre 2017, le ministre de l’Energie, M. Mustapha Guitouni, avait rencontré l’ambassadeur des Etats-Unis à Alger, John Desrocher.
L’entretien avait permis aux deux parties de discuter des relations de coopération et de partenariat bilatérales dans le domaine énergétique, dans l’amont et l’aval pétroliers et gaziers, le développement des énergies renouvelables et l’efficacité énergétique. Commentant, par ailleurs, l’attribution d’un siège au Forum des chefs d’entreprise au sein de la Chambre de commerce des Etats-Unis, il dit y voir une opportunité d’intéresser les investisseurs américains à des secteurs d’activités autres qu’énergétiques.