Aujourd’hui et demain mardi, la Ligue des oulémas, prêcheurs et imams du Sahel, tiendra à Conakry, en Guinée, un atelier régional sur «les valeurs et les principes de l’Islam dans la lutte contre le radicalisme et l’extrémisme violent».

Cette rencontre, la septième du genre, s’inscrit dans le cadre des activités de la Ligue pour prévenir contre l’extrémisme et le radicalisme violent à travers la promotion de l’éducation religieuse et des valeurs de l’Islam. Ses travaux seront suivis attentivement, non seulement pour l’objectif pour lequel la Ligue a été créée en 2013 à Alger, mais surtout pour les recommandations attendues.
Le dernier atelier en date, organisé en juillet 2017 à Nouakchott en Mauritanie, s’était terminé sur la recommandation principale de réviser les manuels d’éducation religieuse dans les programmes scolaires avec la prise en charge des «spécificités nationales» de chaque pays membre de la Ligue. Un chantier difficile, mais désormais ouvert, les participants ayant jugé «important que les manuels soient en cohérence avec les référents religieux des pays concernés afin de préserver leur unité nationale et leur cohésion sociale». Il est, entre autres, question d’élaborer, à la fin des ateliers prévus au programme de la Ligue, un manuel destiné à fournir aux formateurs les outils et les connaissances les plus appropriés pour optimiser l’enseignement de l’éducation religieuse dans les écoles de la région du Sahel. Autre recommandation, rappelle-t-on, la mise en place de moyens de lutte contre l’endoctrinement des jeunes par Daech, Boko Haram, Ansar Chariâ, El Mourabitoun, El Qaïda et autres groupes extrémistes présents dans la bande sahélo-saharienne, pour ne prendre que cette partie du continent africain.
L’atelier de Conakry, comme les précédents, bénéficie de l’appui de l’Unité de fusion et de liaison (UFL). Un mécanisme de coopération régionale verra la participation de leaders religieux, d’érudits et d’imams-prêcheurs du Sahel et d’observateurs du bureau exécutif de la Ligue, ainsi que leurs pairs guinéens. Un expert du Centre africain d’études et de recherche sur le terrorisme (CAERT) et des représentants du mouvement associatif spécialisé dans l’encadrement des jeunes, prendront également part aux travaux, durant lesquels seront discutées les expériences et les stratégies des leaders religieux dans la région pour la promotion et l’encadrement religieux dans les écoles, notamment.
Le secrétaire général de la Ligue des oulémas, prêcheurs et imams des pays du Sahel, Youcef Belmehdi, est algérien. Il incarne le rôle actif joué par l’Algérie dans la recherche des moyens de stabilisation d’une région sahélienne où les problèmes qui se posent sont complexes et englobent des domaines divers tels le religieux, la gouvernance, le développement et la géopolitique ainsi que le sécuritaire. Un dossier qui fait l’actualité en raison de la situation de fragilité que vivent des pays clés de la région, comme le Mali, et dont les effets gagnent le Niger et le Burkina. Le sud-est du Niger, le Nord-Nigeria et le sud du Tchad représentent, eux aussi, un autre foyer de tension majeure en raison du terrorisme de masse pratiqué par Boko Haram. D’où l’accent porté sur l’importance, pour la ligue, du dialogue religieux avec les partenaires locaux sur la compréhension de leurs réalités sociales, économiques et sécuritaires ainsi que leurs besoins et aspirations.