Chaque année, ils sont plus de un million d’Algériens, candidats au grand pèlerinage d’El Hadj,  à s’inscrire sur les listes et à se présenter au tirage au sort duquel les plus chanceux d’entre eux parviennent à gagner les lieux saints de l’Islam.

Ce chiffre important contraste fortement avec le nombre nettement moindre de personnes retenues pour le « voyage de la vie », comme l’appellent certains, et incite à se poser des questions sur les moyens déployés par les autorités religieuses du pays à le rendre plus consistant et surtout relativement proportionnel à la forte demande. Le « quota» imposé cette année à l’Algérie par l’Arabie Saoudite ne dépasse pas les 36 000 futurs hadjis, une situation qui crée comme chaque année d’immenses déceptions et de frustrations chez ceux qui tiennent à accomplir le hadj, ce rite religieux important et l’un des cinq piliers de l’islam.
Ne pas faire partie du « quota » et obtenir le « passeport spécial hadj» fait naître chez les recalés un sentiment d’injustice et d’iniquité, comme vient de le relever tout récemment l’ONG internationale « El Harameine Watch ».
Cette organisation, qui s’occupe chaque année d’observer les conditions du pèlerinage, estime que l’Algérie devrait bénéficier d’un « quota » de pèlerins plus important. Selon elle, et d’après le système de partage  mis en place par l’Organisation de la coopération islamique (OCI) en 1987 , il est prévu 1 000 pèlerins pour un million d’habitants. Suivant ce principe, indique l’ONG, l’Algérie devrait bénéficier de 41 000 pèlerins, soit 5 000 pèlerins supplémentaires. Pourquoi cet écart ? « El Harameine Watch » observe également que cette différence se manifeste davantage lorsqu’il s’agit de comparer l’Algérie à un petit pays comme les Emirats. Cette monarchie, de 1,5 million d’habitants, envoie chaque année 6 000 pèlerins aux lieux saints de l’Islam. Il appelle à ce que cette « injustice » soit réparée d’autant que l’ancien argument avancé par les autorités saoudiennes, selon lequel les travaux colossaux effectués au sein même des « deux lieux saints », ne tient plus la route dès lors que l’essentiel de ces travaux ont été achevés depuis 2013 au moins. Contacté par téléphone, l’ancien conseiller chargé de l’information auprès du ministère des Affaires religieuses et des Wakf, Adda Fellahi, évoque « la faiblesse du négociateur algérien » à obtenir un « quota » plus important et évoque une « difficulté » algérienne à aborder cette question.
Le ministre actuel des Affaires religieuses et des Wakfs Mohamed Aïssa a affirmé, en juillet dernier, que les autorités saoudiennes ont demandé à l’Algérie de remettre « exceptionnellement » une requête pour revoir à la hausse le quota de notre pays à 41 000 pèlerins (le nombre d’habitants étant de 41 millions) sans garantie de réponse favorable.