Le dialogue de sourds interminable, sur fond de désordre dans les structures de santé, entre les médecins résidents et le ministère de tutelle est bien un mauvais signe. Cela prouve à la limite que les parties en présence sont particulièrement en décalage avéré.

Il est flagrant que les canaux de communication entre le syndicat et les pouvoirs publics sont particulièrement parasités par de mauvaises ondes. Un bourdonnement tenace nommé déficit de confiance. Il est évident que cette carence est une caractéristique bien connue en nos murs. Le déficit de confiance entre le pouvoir et les citoyens est malheureusement devenu une marque de fabrique de la vie politique nationale. La politique, censée jouer son rôle de moyen de règlement des conflits, une sorte de soupape de sécurité, avec les concessions qui s’imposent pour l’intérêt collectif, semble absolument déficiente. Ne jouant plus sa fonction de régulateur dans ces cas extrêmes, la politique fait cruellement défaut. Et expose de fait le citoyen à une situation de tension permanente. Le Camra, qui bat le pavé depuis plusieurs mois, rappelle avoir usé de tous les moyens « diplomatiques, éthiques et pacifiques » afin d’attirer l’attention de la tutelle. Imperturbable, cette dernière semble irrémédiablement sourde aux déboires du « médecin de demain », dénonce le Collectif. L’appel à la raison de Mokhtar Hasbellaoui a été accueilli avec froideur, voire avec défiance, par des contestataires qui veulent passer le message alarmant selon lequel ils n’ont plus rien à perdre : soit ils arrachent leurs revendications sinon rien ne sera comme avant. Une posture nihiliste qui n’augure également rien de bon. Cet énième échec des négociations entre les parties en conflit frise le pourrissement. D’autant plus que la crise touche un secteur en dégradation continue. Le secteur de la santé, en état de service minimum avant même ces mouvements de protestations, n’avait pas besoin de cette décrépitude. Il est donc urgent de revenir à la raison. Mais de la part de toutes les parties. Et que chacune prenne ses responsabilités.