Intervenant, hier, à l’ouverture des travaux de la session ordinaire du conseil national du MPA, son président Amara Benyounès n’a pas hésité à s’en prendre à ses alliés au sein de la majorité présidentielle, notamment au FLN, lequel, depuis quelque temps s’affaire à présenter un bilan des quatre mandatures de Bouteflika.

«Aucun parti politique n’a le droit de monopoliser le chef de l’Etat», a-t-il dit. Ajoutant que «Abdelaziz Bouteflika s’est présenté à quatre reprises en tant que candidat indépendant et non celui d’un parti et il est le président de tous les Algériens et non celui d’une formation politique quelconque». Même si Amara Benyounès n’écarte pas un soutien du MPA au chef de l’Etat, il laisse entendre que son parti n’a pas encore tranché cette question et qu’il le fera en automne prochain, à l’occasion d’une autre session du conseil national. «Nous allons rendre publique notre position au moment voulu et en toute liberté», a-t-il encore dit. Sur un autre volet, le chef du MPA n’a pas hésité à critiquer la politique économique du gouvernement sans retenue. Investissements, montage de voitures, limitations des importations, balance commerciale, OMC, UE, Zale…, l’ancien ministre du Commerce a passé en revue toutes ces questions pour dire que rien ne peut être attendu des choix économiques actuels du gouvernement. «Il faut mettre fin à l’économie de la rente, bannir la gestion bureaucratique de l’économie et sortir de la dépendance aux hydrocarbures à travers des réformes profondes qui encourageront l’investissement productif, notamment privé», a-t-il plaidé, avant de critiquer «le climat des affaires», pour lequel le pays est souvent classé parmi les derniers dans les différents classements mondiaux. «La protection de l’économie et de la production nationale ne doit pas se faire au détriment du consommateur. Le produit national doit répondre aux exigences de la qualité, de la quantité et du prix avant de l’imposer aux consommateurs», a-t-il encore déclaré, soulignant qu’il «est extrêmement difficile de réduire les importations tant que le pays vit un problème de production». Concernant le montage des véhicules, l’ancien ministre du Commerce a révélé qu’en 2014 l’Algérie a importé 439 000 unités pour 6,3 milliards de dollars, ce qui donne un prix moyen d’une voiture à 14 350 dollars et, en 2017, les usines de montage ont commercialisé 120 000 unités avec un coût de 2,2 milliards de dollars, avec un prix unitaire moyen de 18 333 dollars le véhicule. «Des questions s’imposent à ce sujet», a-t-il dit, avant de s’interroger sur «combien d’emplois a-t-on perdu avec les restrictions faites aux importations de voitures ? Combien a-t-on créé avec les usines de montage ? Combien le Trésor public a eu comme recettes avec les importations et actuellement avec l’activité de montage ?» Telles sont, selon lui, les interrogations auxquelles des réponses sont attendues. Concernant l’intégration il dira : «Nous entendons des déclarations étonnantes à ce sujet», car il estime qu’«il est difficile d’atteindre les taux avancés par les responsables des usines».