« La santé est en situation difficile dans le Grand Sud. Elle nécessite le concours et l’assistance des hautes autorités ». C’est en ces termes que Babali Mohamed, député RND de la wilaya de Tamanrasset, a résumé la situation du secteur dans le sud notamment à Tamanrasset.

Ce dernier fait partie des nombreux députés qui se sont retirés de l’hémicycle le jour de l’adoption du projet de loi sur la santé en signe de protestation contre l’utilisation de quelques termes par la commission de santé de l’APN ou par des députés ayant demandé des amendements. Il évoque le passage « les soins sur tout le territoire national », et s’indigne en faisant remarquer qu’«on ne parle pas de soins dans les différentes régions d’Algérie, mais d’un système de santé national, d’une institution de santé publique».
 «La santé nécessite une prise en charge, et une minutie dans la gestion des structures et non une philosophie ou termes littéraires», réplique le député.  Car, «le secteur de la santé appelle au secours et demande l’intervention des hautes autorités dans l’immédiat», explique-t-il.
Toutefois, il trouve «qu’une loi ne fait que régir des institutions sans  garantir les moyens  de fonctionnement des structures». C’est pourquoi, il insiste sur la nécessité de l’intervention de l’Etat pour qu’il  garantisse les moyens, car, considère-t-il, «des textes de lois ne règleront pas à eux seuls les dysfonctionnements».
«Une loi sur la santé pose des stratégies, mais la santé dans le Sud n’implique pas uniquement le ministère de Santé mais également le ministère des Transports», soutient M. Babali, regrettant que les routes se trouvent dans un «état délabré» et que «des compatriotes parcourent jusqu’à 600 km pour passer un simple scanner». Le député RND se réjouit néanmoins du décret présidentiel qui définit le statut d’«hôpitaux mixtes» appelés à assurer les soins pour la population civile et le personnel militaire.
Rappelant qu’un établissement hospitalier est en construction à Tamnrasset, il dira que « la médecine est avant tout un travail humain,  avec ce nouveau type de structures, on n’aura pas de problème de personnel», allusion faite aux médecins résidents qui demandent que la tutelle supprime  le caractère «obligatoire» du service civil.
« Les hôpitaux mixtes » seront des établissements qui seront placés sous la tutelle du ministère de la Santé, tandis que leur fonctionnement sera assuré conjointement avec le ministère de la Défense nationale. «Tout établissement public de santé peut être désigné en qualité d’hôpital mixte», indique le décret.
L’hôpital mixte est tenu d’assurer les activités de diagnostic, de soins, de réadaptation médicale, d’hospitalisation et des urgences médico-chirurgicales, de prévention ainsi que de toute activité concourant à la protection et à la promotion de la santé de la population, tant militaire que civile. «Ces établissements se doivent également de répondre aux besoins en matière de couverture et de soutien médical des unités et formations de l’Armée nationale populaire», ajoute le texte.M. K.