Le Groupe Condor et l’Office national des droits d’auteur et droits voisins (ONDA) ont officiellement signé, avant-hier, la première convention qui porte licence de l’utilisation des œuvres protégées par l’ONDA par la société Condor d’un montant forfaitaire de 550 millions de dinars pour l’année 2018.

Le Directeur général de l’ONDA, Sami Bencheikh El Hocine, a déclaré,  jeudi passé,  qu’« il s’agit de la signature de la première convention qui porte licence de l’utilisation des œuvres protégées par l’ONDA par la société Condor et cela se fera évidemment contre  rémunération », à l’occasion de la signature du premier protocole d’accord d’un montant forfaitaire choisi pour des « raisons pratiques »
Sami Bencheikh El Hocine, pour qui la protection des droits d’auteurs doit devenir « un militantisme et un combat», a aussi exprimé sa satisfaction en faisant savoir que  «c’est un acquis pour les auteurs et les artistes algériens. Cela leur donnera plus de droits, plus de moyens et de soutiens ».
Pour sa part, le Directeur général de Condor, Moussa Benhamadi, déclare que  «c’est un honneur de signer avec l’ONDA, de participer à la protection des droits d’auteurs et protéger ce qui est créé. Il s’agit d’une convention forte, sur un montant de 550 millions de dinars pour cette année ». Il précise aussi que le groupe Condor a par ailleurs versé près de 200 millions de dinars et titres au dernier trimestre de l’année 2017.
Le Directeur général de l’ONDA est, également, revenu, jeudi passé, sur les détails de ce mécanisme de redevance sur la copie privée qui, selon la législation actuelle, soumet l’ensemble des fabricants ou importateurs de matériels permettant l’enregistrement de données, que ce soit des disques durs, des clefs de stockage, ou encore des téléphones portables. En somme  «tous ce qui permet d’enregistrer de stocker, de transporteur ou de diffuser une œuvre de l’esprit ». Il indique que  les sommes ainsi récoltées, représentant en moyenne 6% du prix de vente final du produit, sont reversées à 70% aux artistes. « Les 30% restant, ajoute le directeur de l’ONDA, «sont destinés à la promotion culturelle et au soutien du programme du gouvernement, c’est-à-dire le sponsoring d’un festival, la production de films ou encore l’organisation d’un salon à la demande du ministère de la Culture ». L’ONDA compte multiplier ce type de protocoles d’accord, bien que celui passé avec Condor devrait rester « le plus important par son ampleur », souligne  Sami Bencheikh El Hocine. A ce sujet, des cadres de la structure nous précisent que des accords avaient déjà été élaborés avec les marques Oppo, Samsung et Iris, et d’autres sont actuellement en négociations.
La cérémonie ayant coïncidé avec la Journée mondiale de la liberté de la presse, les deux intervenants ont rendu hommage au travail des journalistes, tout en les invitant à plus de rigueur dans la vérification de l’information. Cette journée a également été  l’occasion d’annoncer la création d’un prix annuel récompensant le meilleur travail journalistique sur la question des droits d’auteurs, «d’un montant de 1 million de dinars» et dont la première attribution devrait avoir lieu le 3 mai 2019.

Ultime avertissement aux chaînes privées diffusant des œuvres piratées
La rencontre de jeudi passé a également été l’occasion pour le Directeur général de l’ONDA d’aborder les récents cas de diffusion sans autorisation d’œuvres de producteurs américains de films par certaines chaînes privées. Sans nommer les chaînes ayant dernièrement programmé les films « La Planète des Singes, Suprématie », « Kong : Skull Island », ou encore le film « Bright » exclusivement produit pour Netflix, Sami Bencheikh El Hocine a affirmé que de telles actions, qu’il qualifie de «vols», porte atteinte à l’image du pays. Il déclare dans ce sillage que  «j’aimerais lancer un dernier appel  à certaines chaînes de télévision qui continuent à transgresser la loi, à utiliser des œuvres de l’esprit sans autorisation. Ces chaînes sont en train de mettre l’Algérie dans une position inconfortable vis-à-vis des institutions internationales».
Il précise à  ce sujet que «l’ONDA a toujours répondu aux questions des sociétés de producteurs exerçant au niveau international que l’Algérie avait besoin d’une période probatoire, que nous travaillions à la sensibilisation des chaînes de télévision au respect de la propriété intellectuelle. Malheureusement, je ne pourrais pas continuer à tenir ce discours. Ce qui s’est passé est grave, l’Algérie pourrait avoir à payer des réparations pour un acte dont le pays n’est pas responsable ».
Le directeur  de l’ONDA affirme aussi que les producteurs des œuvres piratées pourraient maintenant légitimement se tourner vers la justice. Par conséquence, les avoirs de l’Algérie à l’étranger, les avions ou les navires en escale, ou encore les comptes bancaires, pourraient être placés sous séquestre en attendant un règlement de la question.
Apportant une vision encore plus globale sur les conséquences des violations des droits d’auteurs, le directeur du groupe Condor,  pour rappel un ancien responsable d’Algérie Télécom et ancien ministre des Postes et Télécommunications, fera savoir que «le piratage des œuvres et le non-respect des droit d’auteurs est l’un des problèmes qui explique le retard de l’adhésion de l’Algérie à l’OMC. Il n’est pas normal que des entreprises économiques, des chaînes de télévision ou autres utilisent des productions sans autorisation».