Plusieurs ouvrages, entre romans et essais, ont été publiés ces derniers jours. En voici quelques uns des titres disponibles en librairie :

«En quête de l’Étranger» d’Alice Kaplan
Les éditions Barzakh viennent de publier  «En quête de l’Étranger» d’Alice Kaplan, traduit de l’anglais (États-Unis) par Patrick Hersant. «Comment est né ‘L’Étranger’, le plus célèbre des romans d’Albert Camus ? Comment un jeune homme, qui n’a pas encore trente ans, a-t-il pu écrire dans un hôtel miteux de Montmartre un chef-d’œuvre qui, des décennies après, continue à captiver des millions de lecteurs à travers le monde ? L’histoire de Meursault n’est simple qu’en apparence et elle demeure aussi impénétrable aujourd’hui qu’elle l’était en 1942, avec ses images ordinaires et inoubliables : la vue sur la baie d’Alger qui s’offre depuis un balcon par un dimanche d’indolence, les gémissements d’un chien battu, la lumière qui se reflète sur la lame d’un couteau… Et ces quatre coups de feu tirés en illégitime défense un jour de soleil sur une plage déserte contre un ‘Arabe’ sans nom…», peut-on lire sur la quatrième de couverture. Dans ce livre, Alice Kaplan racontre l’histoire du succès foudroyant et inattendu de ce texte écrit sur fond d’occupation allemande, par un auteur alors désœuvré et gravement malade. Elle se livre à une enquête minutieuse et obstinée (en France, en Algérie et ailleurs), habitée qu’elle est par les lieux et les protagonistes de ce roman –l’un des plus traduits et commentés au monde– qui suscite, aujourd’hui encore, autant de passion. Titulaire d’un PhD en littérature française à l’Université de Yale (États-Unis) où elle enseigne actuellement, Alice Kaplan est écrivaine et chercheuse. Ses travaux portent sur l’autobiographie, les mémoires, la théorie de la traduction, la littérature française du XXe siècle.
Prix : 900 DA.

«Solitude, ma mère» de Taos Amrouche
Les éditions Frantz-Fanon ont publié le 28 avril dernier l’ouvrage de Taos Amrouche intitulé «Solitude, ma mère» de Taos Amrouche, accompagné d’une préface de Ahmed Cheniki, journaliste, essayiste, spécialiste du théâtre et professeur à l’université d’Annaba. Le roman s’intéresse à Amnéa, qui se raconte à travers sa féminité exaltée, mutilée, convoitée, à travers les hommes qu’elle a connus et dont les souvenirs tantôt doux et tantôt violents assiègent son intranquille solitude. La solitude à laquelle elle est assignée par ses origines, sa race. Elle raconte les autres qui l’ont menée vers elle-même. La force de ce livre réside dans cette indomptable volonté d’Aména de bondir par-dessus les siècles sans s’extirper définitivement de sa berbérité, en en gardant la flamboyance, la passion des guerres justes, de l’honneur et des idéaux qui purifient. «Solitude, ma mère» est le roman de la confrontation cruelle mais passionnante avec le destin.
Prix : 700 DA.

«La boîte noire de l’Islam» d’Amin Zaoui
Les éditions Tafat publient un nouvel essai d’Amin Zaoui intitulé «La boîte noire de l’Islam, Le sacré et la discorde contemporaine». Plaidoyer en faveur des valeurs de la citoyenneté, cet ouvrage s’intéresse, selon la quatrième de couverture, «au non-dit qui viole le rêve et handicape la société algérienne et musulmane en général». Selon la présentation, «tout musulman ou tout simplement celui qui vit dans un pays musulman est condamné à vivre en otage d’un côté par la charia et de l’autre par les ulémas de cette charia. Et pourtant, cette charia hégémonique n’est que des interprétations temporelles des textes sacrés ; elle n’est que des lectures controversées réalisées par des gens, par des êtres humains. Des gens qui par le temps qui passe et l’ignorance qui s’installe se sont métamorphosés en dieux et/ou prophètes. Ces interprétations contestées qui composent le corpus de la charia ont été dictées par les pouvoirs islamiques successifs avec tout ce qu’ils avaient, entre eux, de conflictuels et de différends. Composée de textes contestés, la charia a vidé l’islam de sa spiritualité et de son ouverture. Elle a donné la religion aux politistes et aux marchands. La patrie est plus vaste que la religion. Le citoyen est au-dessus du croyant». Et c’est le message central qui illustre cet ouvrage.
Prix : 500 DA.

«Hypnose» de Farid Kacha
Le professeur Farid Kacha publie aux éditions Casbah l’ouvrage «Hypnose, Le chaman, l’exorciste et Erickson». Selon la présentation de l’éditeur : «L’hypnose est la plus ancienne forme de relation thérapeutique et elle peut satisfaire encore aujourd’hui tous ceux qui sont à la recherche d’une thérapie efficace, brève, douce et sans médicaments». Le docteur Farid Kacha, psychiatre, professeur émérite, résume dans cet ouvrage les techniques actuelles de l’hypnose, leurs relations à l’exorcisme et leurs implications historiques et thérapeutiques.
Prix : 850 DA.

«Recueil de mémoires du général Khaled Nezzar» (Premier tome)
Les éditions Chihab ont publié récemment la deuxième édition du premier tome des mémoires de l’ancien ministre de la Défense et général à la retraite Khaled Nezzar, intitulé «Recueil de mémoires du général Khaled Nezzar –Ma carrière militaire». «Ce recueil de mémoires n’est pas une simple compilation de ce que le général à la retraite Khaled Nezzar a déjà écrit», précise l’éditeur dans une présentation. Et de poursuivre : «Il apporte de nouvelles précisions et de nouveaux éclairages sur les hommes et les événements, rétablit beaucoup de vérités et embrasse les grands événements où il a été acteur ou dont il a été témoin». L’auteur, qui ne prétend pas faire œuvre d’historien, donne son témoignage de membre de l’ALN, évoque comment l’Algérie, qui venait à peine de se libérer, «a été contrainte d’affronter en octobre 1963, les entreprises agressives du royaume marocain et l’extraordinaire ardeur patriotique exprimée par les citoyens à cette occasion, et résume les situations complexes, comme les événements de Kabylie, les visions différentes qui ont conduit les colonels Chabani et Zbiri à tenter d’inverser le cours des choses, par la sédition militaire, l’intermède Ben Bella, Boumediene et ses priorités, Bendjedid et ses responsabilités, mais aussi ses mérites», lit-on encore dans la présentation. L’auteur invite également «le lecteur à le suivre jusqu’aux abords du canal de Suez, en Egypte, pour susciter sa fierté parce que ses aînés ont démontré, face à la très médiatisée armée israélienne, leurs capacités tactiques et leur courage». Ce premier volume s’arrête au début des années 1990, une période cruciale de l’histoire de notre pays. Les événements relatifs à cette période seront longuement abordés dans le deuxième volume, prévu à la rentrée prochaine.
Prix : 1500 DA.

«L’Amant imaginaire» de Taos Amrouche
Les éditions Frantz-Fanon ont publié le 28 avril dernier l’ouvrage de Taos Amrouche intitulé «L’amant imaginaire». Ce roman, écrit dans les années 1940 et publié initialement en 1975 en France, est réédité par les Editions Frantz Fanon pour la première fois en Algérie avec une préface du professeur Afifa Bererhi. Roman de la passion, «L’amant imaginaire», se présente sous la forme d’un journal qui débute en octobre 1952 et s’achève en août 1953 et où la part de l’écrit épistolaire est particulièrement présente. C’est la mécanique impitoyable d’une femme qui s’invente dans un monde qui la refuse.  
Alternant absurde, indifférence et révolte, Taos Amrouche écorche sa condition de femme, de Berbère, et se livre à travers des réflexions désabusés sur l’écriture, le rêve, l’amour, l’altérité et l’identité, la mort. Ce roman est l’expression vivace d’un attachement à l’origine en son état d’innocence et de pureté, ce que Jean Amrouche, le frère de Taos, appelle «l’esprit d’enfance». Ce roman est une «œuvre de déconstruction dans laquelle Taos Amrouche, tour à tour, décrit, analyse, juge. Elle donne à connaître le prix des relations affectives dans un univers intellectuel où la domination est sous-jacente.
Ce journal (car c’en est un) montre bien que Taos consigne au quotidien des faits et suit leur évolution pour garder en mémoire une histoire intime. Son écriture, les problématiques qui l’habite restent celle d’une Antigone qui s’élève contre l’ordre : une remise en cause de la loi par les dominées», peut-on lire sur la quatrième de couverture sous la plume de Tassadit Yacine. Prix : 900 DA.

«Les genêts de l’amour» de Hadjira Oubachir
La comédie musicale «Les genêts de l’amour» de Hadjira Oubachir est paru le 22 avril dernier aux éditions Koukou, en deux versions dans un seul volume : en kabyle et en français.
L’ouvrage s’intéresse à deux jeunes gens, Aziz et Azouzou, qui s’aiment passionnément mais qui appartiennent à deux familles rivales. Azouzou est promise à son riche cousin. Lorsqu’Aziz est appelé sous les drapeaux pour faire la guerre, la jeune fille est mariée à ce cousin à qui elle ne dissimule pas qu’elle en aime un autre.
Tenant à préserver son honneur, le mari ne lui permet de quitter la maison que lorsqu’elle le met devant le fait accompli. Il jure de venger son honneur bafoué. Lorsqu’Aziz rentre de la guerre, le mariage avec Azouzou se réalisa. Mais le jeune marié, se laissant bercer par son bonheur conjugal, est devenu oisif à tel point que son épouse l’exhorte à émigrer pour construire leur foyer. Elle attend son retour et il lui arrive de s’impatienter et de se croire trahie.
Lorsque le jour tant attendu arriva, la nouvelle du retour d’Aziz fit le tour des villages. Azouzou rayonnante et heureuse prit le chemin de traverse pour le rejoindre.
En bas d’un sentier, sous l’ombre d’un frêne, entre le genêt flamboyant et la lavande odorante, le canon d’un fusil attend sa cible.
Prix : 500 DA.