Ça bouge toujours dans le secteur de la santé publique. Après les médecins résidents qui continuent leur grève illimitée pour faire valoir leur plateforme de revendications, c’est au tour du Collectif autonome des médecins spécialistes algériens (Camsa) de revenir sur le devant de la scène après avoir tenté de mener une action de protestation en mars dernier.

Non agréé, le collectif rencontre d’énormes difficultés administratives sur le terrain en accomplissant ses missions syndicales.
Pour parer à ces dernières, ses membres dirigeants ont décidé d’abandonner l’idée de créer une nouvelle structure syndicale autonome pour les médecins spécialistes et de rejoindre les rangs du Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP).
« Nous avons œuvré depuis plusieurs mois à la création d’un syndicat crédible et représentatif, qui réunit les spécialistes, afin de défendre leurs droits légitimes et participer activement à l’amélioration du système de santé », peut-on lire dans un communiqué du collectif rendu public hier.
Il ajoute : « Nous avons vécu des moments difficiles pour rassembler les médecins spécialistes autour d’un projet unique et établir un dialogue constructif avec la tutelle pour trouver des solutions de fond à nos problèmes. Malheureusement, toutes nos tentatives d’obtenir les autorisations nécessaires pour une assemblée générale constitutive selon la règlementation en vigueur se sont soldées par un échec au vu de la bureaucratie administrative, qui constitue une entrave grave aux libertés syndicales et confirme le mépris affiché vis-à-vis de notre corporation. » D’après le communiqué, les discussions entre les médecins spécialistes ont débouché sur un choix stratégique, celui de rejoindre en bloc le SNPSP. « Nous avons perçu dans ce syndicat une volonté de changement, une opposition farouche au système de santé, tel qu’il est actuellement, une sympathie avec la cause des résidents et la nôtre aussi, ainsi qu’une connaissance fine des enjeux de la conjoncture actuelle.
Aussi, nous avons trouvé une oreille attentive aux doléances de toute la corporation médicale chacune avec ses spécificités », justifie le collectif son choix.
Pour donner un caractère consensuel à cette option, la direction du collectif appelle ses membres à donner leur avis.
« Nous appelons, à travers ce communiqué, nos adhérents à tenir des réunions avec leurs délégués afin de décider et de se prononcer sur cette proposition. Des instructions seront formulées par la haute instance du SNPSP pour renforcer les bureaux locaux ou créer d’autres là où le syndicat n’est pas représenté, et ceci dans le cas où nos adhérents choisissent cette piste », indique la même source.
En ce qui concerne le projet de loi sur la santé, qui a fait beaucoup de bruit, le collectif rappelle sa position initiale. « Enfin, la nouvelle loi de santé est votée, et l’histoire retiendra que nous n’avons rien tenté pour la contrecarrer. Elle vise à détruire le service public, compromettre la gratuité des soins et à rabaisser le médecin algérien. L’adoption de cette loi de santé, protestée et refusée par l’ensemble de la corporation et même la société civile, vient à un moment de pourrissement absolu, là où devrait se tenir une réflexion politique de fond sur le développement d’un système de santé plus juste », déplore le collectif, qui a, par ailleurs, renouvelé son soutien au mouvement de grève des médecins résidents qui entame son sixième mois.