La tournure austère dans le commerce extérieur, opérée par les gouvernements successifs, a provoqué un certain froid dans les relations économiques et commerciales entre l’Algérie et l’Union européenne.

Fâchée ou presque, l’UE exerce des pressions visant à amener les autorités algériennes à prendre des mesures plus souples en matière commerciale. Mais, le pays ne compte pas se laisser faire. Et il le fait savoir par la voie de son nouveau ministre du Commerce Saïd Djellab. Celui-ci multiple les déclarations, communiquant plus avec les opérateurs locaux et partenaires étrangers sur les mesures prises par les autorités dans le but de réduire les importations et de mettre en équilibre la balance de paiement.
Hier, Saïd Djellab a animé une conférence de presse conjointe avec l’ambassadeur de Chine à Alger pour parler commerce et investissements, à l’occasion de la foire internationale d’Alger. Encore une fois, de bons arguments commerciaux et économiques et un peu de diplomatie devraient permettre au nouveau ministre du Commerce de faire comprendre aux partenaires étrangers que les mesures adoptées par l’Algérie sont temporaires et que cela ne peut altérer le bilatéral entre l’Algérie et ses partenaires.
La conférence de presse d’hier a constitué aussi l’occasion, pour le ministre du Commerce, d’évoquer longuement le raffermissement des relations algéro-chinoises, et par là même, d’expliquer que voilà un pays (la Chine) qui ne pose pas de questions au sujet des décisions prises par Alger et qui a démontré comment on peut continuer à investir et à faire du commerce, y compris dans une conjoncture difficile. Et si elle le fait, c’est pour préserver une position enviable face à la compétition dans un marché (algérien) chahuté en ce moment en raison de la crise que vit le pays. Il faut dire que, contrairement à la Chine, l’UE veut se poser en partenaire privilégié, en Algérie, comme si elle disposait d’une clause d’exclusivité sur le marché.
Et, alors que l’Union européenne ne cesse de se plaindre des mesures restrictives, la Chine, elle, fait avec le système mis en place. Elle occupe toujours la première place des pays exportateurs vers l’Algérie. Et elle aurait l’amabilité de partager son expérience en matière commerciale avec les entreprises algériennes.
Elle les invite à participer, et c’est une première, au Salon international des importations de Chine « China International Import Expo » prévu du 05 au 10 novembre 2018 au Centre des expositions et des Congrès de Shanghai (Chine). Le ministère du Commerce y est favorable. Cette manifestation leur a été proposée dans le cadre de la participation de l’Algérie aux manifestations économiques à l’étranger au titre de l’année 2018. L’organisation du «Salon China international Import Expo» constitue une initiative importante du gouvernement chinois qui soutient la libération des échanges commerciaux et l’ouverture de son marché vers le monde. Il est attendu que près de 1 600 exposants venus de 120 pays et 150 000 acheteurs professionnels nationaux et étrangers y prennent part, ce qui offre aux entreprises exportatrices algériennes des opportunités considérables pour intégrer ce marché dont la croissance économique est prometteuse pour subvenir aux besoins d’une population estimée à 1,39 milliard d’habitants. Quant aux investissements chinois en Algérie, ils ont connu depuis le début des années 2000 un développement important (plus de 1,5 milliard de dollars).