Le président nigérian a annoncé hier dans un communiqué qu’il ne se rendrait pas à Kigali, au Rwanda, où est prévu cette semaine un Sommet extraordinaire de l’Union Africaine pour signer le traité sur la Zone de libre-échange continentale (ZLEC).

Un premier couac qui s’érige sur le chemin des Africains, désireux de créer leur entité économique. Mais pour l’Algérie, la défection nigériane pourrait ne pas être une source de blocage, puisque le pays mène actuellement des négociations avec certains Etats de la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) en vue de conclure des accords bilatéraux de libre échange.
C’est ce que nous avons appris auprès de certains proches des Affaires étrangères. Depuis la dernière conférence algéro-africaine de commerce et d’investissements, tenue fin 2016 en Algérie, Alger a avancé ses pions en vue de préparer le terrain à la conclusion d’accords de libre-échange avec les pays de l’Afrique de l’Ouest. Selon nos sources, ce projet, s’il est concrétisé, permettra aux opérateurs algériens de bénéficier de plusieurs avantages dont l’annulation des barrières tarifaires, voire la défiscalisation des produits algériens acheminés à destination des partenaires de l’Afrique de l’Ouest. En tout cas, les négociations avancent bien avec certains pays. Cette action fait partie également d’un ensemble de mesures visant à asseoir une stratégie nationale à l’export, ciblant notamment les marchés africains. L’étape ultime serait d’aboutir à des accords de promotion et de protection réciproque des investissements, soulignent nos sources. L’étape prioritaire, qui consiste en la conclusion d’accords commerciaux bilatéraux, devrait donner lieu à une défiscalisation partielle ou totale des produits algériens acheminés à destination des pays signataires des accords. En tout cas, certains opérateurs ont d’ores et déjà commencé à construire des canaux de distribution, voire des comptoirs commerciaux dans nombre de pays, dont la Mauritanie, la Gambie et la Côte d’Ivoire. Ces opérations ne devraient guère gêner l’action entreprise par la commission africaine, puisqu’il s’agit d’accords bilatéraux qui sont en négociation, tandis que l’Union africaine vise un accord multilatéral qui devrait être paraphé par l’ensemble des Etats du continent africain. A court terme, l’Algérie prévoit également une réécriture de certains règlements de la Banque d’Algérie pour permettre aux institutions financières d’accompagner les opérateurs algériens sur le marché africain. L’ouverture du fret maritime et aérien à l’investissement privé, dont le décret est publié il y a quelques jours dans le journal officiel, s’inscrit également dans cette stratégie nationale à l’export. Plus globalement, il s’agit d’asseoir les conditions nécessaires pour une meilleure compétitivité des entreprises algériennes sur les marchés extérieurs.