Le 30e Sommet de l’Union africaine (UA) s’ouvre aujourd’hui dans la capitale éthiopienne Addis-Abeba où il se poursuivra jusqu’à demain. Au menu de ce nouveau rendez-vous de chefs d’Etat et de Gouvernement de l’UA, les dossiers qui marquent l’histoire présente du continent.

Plusieurs questions d’importance capitale pour le continent africain y seront abordées dont la principale : la corruption, phénomène insidieux qui mine les économies des Etats de l’Afrique. La paix et la sécurité, la lutte contre le terrorisme et les réformes institutionnelles seront également au cœur des débats entre les Etats membres de l’organisation continentale. Cette session ordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement, à laquelle prend part le Premier ministre Ahmed Ouyahia en sa qualité de représentant du président de la République, sera importante. Il s’agira d’examiner les moyens pour faire face en particulier à la radicalisation et l’extrémisme violent considérés comme les principaux facteurs derrière la menace terroriste touchant l’Afrique. Mais aussi les questions de réforme d’une organisation dont l’Algérie est un acteur de premier plan. Plusieurs régions en Afrique sont touchées par l’insécurité, à l’image de la région des Grands Lacs, de la Corne de l’Afrique et, évidemment, de la zone du Sahel, où en dépit des efforts des pays de la région, les mouvements terroristes demeurent toujours nuisibles. Durant ce sommet, il sera question des instruments à mettre en place pour se prémunir contre le terrorisme et comment les Etats africains peuvent y remédier de façon concertée. De par son expérience, l’Algérie n’a cessé d’appeler à lutter contre ce fléau en adoptant une approche globale qui allie développement économique et dé-radicalisation. Alger rappelle aussi son opposition au paiement des rançons, ce que ne respectent pas certains Etats occidentaux, entravant le processus d’assèchement des sources de financement des groupes armés. L’Algérie présentera un rapport important sur la prévention et la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent en Afrique. Ce rapport s’inscrit dans le cadre du mandat confié au président de la République Abdelaziz Bouteflika, désigné en 2017 comme coordonnateur de l’UA dans la prévention et la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent en Afrique. Le Conseil de paix et de sécurité (CPS) tiendra sa réunion ordinaire qui sera présidée par le président égyptien Abdel Fattah Al Sissi pour examiner notamment la stratégie africaine de lutte contre le phénomène du terrorisme. La situation en Libye sera également à l’ordre du jour tant ce grand pays d’Afrique du Nord continue d’inquiéter.

Une reforme indispensable
La question de la réforme de l’organisation continentale sera examinée de près par les dirigeants africains. Ces derniers éliront à la tête de l’UA le chef de l’Etat ougandais Paul Kagamé, qui succédera au président guinéen, Alpha Condé. Kagamé aura la tâche de mener une indispensable réforme de l’organisation panafricaine. Parmi les questions dans le programme de réformes, celle de l’indépendance financière de l’UA, la question migratoire notamment après l’affaire des esclaves en Libye ainsi que le rajeunissement des cadres de l’Union. Autant de réformes à faire avancer dans le cadre de l’agenda 2063 lorsque l’UA célèbrera sa centième année d’existence. D’autres sujets seront également au menu de ce 30e sommet qui s’étalera sur deux jours, comme donner des réponses au problème de l’émigration devenu problématique ces dernières années avec son lot de désastres humains. Il s’agira également d’apporter des réponses économiques à des problèmes économiques. La lutte contre la corruption, thème principal de la conférence, sera examinée avec minutie tant sa nocivité sur les économies africaines est notoire. Selon les estimations des experts, la corruption coûte aux pays africains 50 milliards de dollars par an, et ce malgré les efforts consentis par l’Etat pour l’endiguer. <