Dix pays, dont le Maroc, ont été élus pour un mandat de deux ans au Conseil de paix et de sécurité (CPS), lors de la session ordinaire du Conseil exécutif de l’UA qui se déroule dans la capitale éthiopienne.

Le Maroc était seul candidat pour l’Afrique du Nord. L’Algérie, dont le mandat arrive à échéance à la fin de ce mois, a décidé de ne pas se porter candidate pour se présenter pour un mandat de trois ans en 2019, dans le cadre de l’application du principe de rotation entre les pays membres.
Il est indéniable que les règles du jeu sont à respecter dans une instance qui regroupe 55 Etats membres. Le retour du Maroc dans cette instance induisait inéluctablement ce type de mouvement à l’intérieur de l’instance. Mais à l’évidence, l’entrée du Maroc dans cet organisme constitue une incongruité.
Le Maroc semble vouloir faire de l’entrisme dans le but de fragiliser de l’intérieur des organismes qui lui ont échappé depuis des années.
Une mission vouée à l’échec tant le Maroc a, depuis son retour, souvent été pris en défaut d’absence lorsqu’il s’agissait des questions liées au Sahara occidental, Etat membre de l’UA.
Le Conseil de paix et de sécurité reste un organe important de l’organisation panafricaine et le Maroc a été élu alors qu’il transgresse les principes fondamentaux de l’UA et du CPS, à savoir le principe du respect des frontières des Etats membres. Il est même qualifié par l’UA et les Nations unies de pays occupant. Les principes fondamentaux de l’UA mettent l’accent sur l’intangibilité des frontières, au moment où ses résolutions reconnaissent la souveraineté du peuple sahraoui sur son territoire et ses droits à l’autodétermination et à l’indépendance.
Le Maroc est considéré comme une puissance occupante, sa présence au sein du Conseil, dont l’objectif est de concourir à la paix et à la sécurité des Africains, est pour le moins inconvenante. Il reste que les tentatives de plus en plus évidentes de fragiliser une organisation panafricaine, appelée à se fortifier dans l’avenir, pourraient avoir un effet boomerang. Mettre le Maroc face à ses contradictions.