La lutte contre la corruption sera au cœur des sujets réunis à l’occasion des retrouvailles entre les plus hauts responsables des pays africains. Considéré comme un frein, « qui plombe les économies du continent », le phénomène de la corruption devrait être abordé sous tous ses aspects, pas seulement ceux liés à la gouvernance interne, mais également ses interactions avec les puissances de l’argent de par le monde et qui constituent un véritable casse-tête pour les dirigeants africains.

Déjà évoqué lors de plusieurs rencontres africaines, le phénomène de la corruption continue, pourtant, à se développer et à compromettre sérieusement les efforts de développement de plusieurs pays. Pour y faire face, les Etats membres ont adopté plusieurs lois anticorruption, tout en procédant à la ratification des conventions internationales, en plus de la création d’organes de lutte contre la corruption qui sont accompagnées de mesures coercitives et punitives.
Il y a lieu de rappeler que la corruption prive l’Afrique de près de cinquante milliards de dollars chaque année, a indiqué jeudi à Addis Abeba le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat, affirmant que le combat contre ce fléau doit être global  en 2018.
Il a relevé que toutes les nations africaines « sont concernées, d’une manière ou d’une autre, à des échelles plus au moins grandes » par ce fléau. Selon le président de la Commission de l’UA, les chiffres établis par des experts, les ressources détournées par la corruption en Afrique « peuvent, si elles sont investies, suppléer le recours à l’assistance extérieure ».
Soulignant que l’année 2018 est appelée à être celle du « combat contre la corruption », M. Faki a  estimé que « comme le terrorisme,  le combat devrait être global et ne saurait être gagné que par une action collective ».
L’Union africaine devrait mettre en place un ensemble de mécanismes en vue de lutter efficacement et conjointement contre ce phénomène. Dans cette optique, la Fondation pour les renforcements des capacités en Afrique (ACBF), qui est une agence spécialisée de l’UA en matière de renforcement des capacités, a relevé que la lutte contre la corruption aiderait l’Afrique à se pencher sur l’investissement massif et la valorisation des ressources humaines. Cette option, selon l’ACBF facilitera le développement du continent à travers la mise en œuvre des plans de développement nationaux.
Si le Continent a pu se doter d’un mécanisme d’évaluation par les pairs qui permet, entre autres, de mesurer la bonne gouvernance des Etats et les aide à améliorer leurs outils de contrôle internes, il reste que les législations nationales doivent suivre et s’adapter au contexte mondial.
L’Afrique, souvent considérée comme contrée sauvage, où tout est permis, doit gagner la bataille législative en actualisant son arsenal juridique, mais surtout en prenant en compte le contexte international. Car, il faudrait l’admettre, pour qu’il y ait corruption, il faudrait un corrupteur et un corrompu. Si ce dernier se trouve en Afrique, le corrupteur, lui, se trouve généralement en Occident ou dans les pays industrialisés, où les lois interdisent ce genre de pratique.
Force est de constater que les dignitaires africains affichent ostensiblement le fruit de la corruption en Europe et ailleurs, encouragé par ces pays qui combattent, pourtant chez eux et sans pitié, ce phénomène. L’Afrique devrait, donc, cesser d’être l’exception, en se dotant des lois universelles s’appliquant aussi bien sur ses compatriotes que sur les multinationales et autres gouvernements
« développés », qui se permettent, jusqu’à présent d’agir en toute impunité en Afrique.