Décidément, le ministre de la Jeunesse et des Sports (MJS), El Hadi Ould Ali, semble beaucoup plus préoccupé par le football que les autres disciplines dont il a la charge. Sinon, comment expliquer qu’à chaque fois qu’il y a un problème au niveau du football, le ministre trouve toujours le moyen de donner son avis pour ne pas dire dicter ce que les responsables de la discipline doivent faire ?

La preuve, pas plus tard que mardi dernier, Ould Ali a trouvé l’opportunité de s’inviter au débat du litige FAF-LFP en appelant le directoire devant gérer les affaires courantes de football professionnel à convoquer « le plus tôt possible » une Assemblée générale extraordinaire (AGEx). Et ce, pour l’installation des commissions de candidature et de recours en vue de l’élection d’un nouveau président à la tête de la Ligue de football professionnel (LFP).
Le ministre aurait dû être « neutre » dans ce conflit où le président de la FAF, Kheireddine Zetchi, s’emploie depuis son élection à démettre toute personne ayant travaillé avec l’ex-président de la FAF, Mohamed Raouraoua. Le commun des Algériens le sait.
Le ministre prend position avec le président de la FAF qu’il soutient en déclarant précisément que « je soutiens la Fédération algérienne de football dans sa démarche qui consiste à retirer la délégation de gestion des affaires courantes de football professionnel à la LFP, une décision totalement légale qui intervient conformément à l’article 20 de la convention qui lie la FAF et la LFP depuis juillet 2011 » Une sortie médiatique faite à la presse en marge du tirage au sort des 8es et 1/4 de finale de la Coupe d’Algérie de football au CIC d’Alger. Etonnamment, le ministre ne se déplace pas dans les autres tirages au sort de la Coupe d’Algérie des autres disciplines.

À côté de la plaque !
Plus grave encore, le ministre ne semble pas maitriser les procédures puisqu’il a déclaré que « le directoire doit convoquer une assemblée générale extraordinaire le plus tôt possible pour l’installation, d’abord, des commissions de candidature et de recours. Le président de la FAF est conscient de cette démarche et il va organiser une assemblée générale pour élire le nouveau patron de la LFP. Les clubs de la Ligue 1 et 2 doivent être solidaires et mobilisés. »
Or, il se trouve qu’avant d’organiser une AG extraordinaire, il est nécessaire d’organiser une assemblée générale ordinaire pour que le bilan de la Ligue de football soit validé. Puis, par la suite, ce serait alors au tour d’une convocation d’une Assemblée générale extraordinaire avec un point à l’ordre du jour installer la commission d’organisation des élections et celle des recours.
Pour rester toujours dans le contexte de la réglementation, il y a lieu de noter que la FAF devrait d’abord « avertir » le président de la LFP des dépassements qu’elle juge être commises et ensuite prendre la décision de retirer la délégation de gestion des championnats au conseil d’administration de la LFP. Puis, bien évidemment, installer le directoire devant gérer les affaires de la Ligue de football professionnel (LFP), en application de la décision prise dimanche, lors de la réunion du Bureau fédéral. Le directoire est composé d’Amar Bahloul, Larbi Oumamar, membres du Bureau fédéral, et Ali Malek, président de la Ligue nationale du football amateur (LNFA).

Les hésitations de Kerbadj
Par ailleurs, le président de la LFP, Mahfoud Kerbadj, avait programmé une réunion du conseil d’administration de son instance sportive mardi dernier avant de l’annuler purement et simplement. Que ferait donc Kerbajd ? Va-t-il poursuivre son bras de fer et aller jusqu’à la FIFA pour dénoncer la décision de la FAF ? Se déciderait-il à quitter simplement son poste de président de la LFP ? En tous les cas, Kerbadj semble hésiter sur ces deux options, puisque dans une déclaration à nos confrères du quotidien spécialisé Compétition, Kerbadj annonce que « comme l’indiquent les règlements, j’ai souhaité convoquer le CA afin d’évoquer le retrait de délégation de gestion des compétitions par le Bureau Fédéral, et donc convoquer une assemblée générale afin de présenter mes bilans mais aussi ma démission. Mais bon, je pense que je ne ferai plus rien car la fédération et par le biais de son Bureau Fédéral a décidé de prendre les choses en main. Donc, je leur laisse le soin de le faire et je me retire définitivement de la gestion de cette LFP pour laquelle j’ai été élu… ».
Mais, dans une autre déclaration au quotidien arabophone « Echourouk », Kerbadj a déclaré que « je ne partirai pas et la Ligue de football demanderait l’annulation de la décision de la FAF devant le Tribunal international ». Kerbadj a expliqué par la suite que « c’est de son droit que la Ligue saisisse le TAS pour annuler la décision de retrait de la délégation de gestion des affaires courantes de football professionnel à la LFP. Et si, poursuit Kerbadj, nous n’aurions pas nos droits du TAS, alors on ferait un recours au TAS international de Lausanne… ».
Devant cette hésitation du président de la LFP quant à sa décision de poursuivre ou pas sa mission à la tête de la LFP, on attendra les prochains jours…