Le Fonds monétaire international (FMI) recommande une réduction des déficits à un rythme « modéré » en Algérie, a indiqué le directeur du département Moyen-Orient et Asie centrale de cette institution, Jihad Azour.

Dans une contribution publiée sur le blog du FMI, et consacrée aux réformes économiques engagées dans la région Moyen-Orient, Afrique du Nord, M. Azour considère que pour être efficaces, ces réformes doivent reposer sur des programmes adaptés aux circonstances propres à chaque pays. « Dans les pays où l’Etat dispose de marges de manœuvre importantes, comme en Algérie ou dans le Golfe, le FMI a suggéré de réduire les déficits à une cadence modérée », a-t-il souligné. Ajoutant que « dans ceux où la dette publique est déjà élevée et augmente encore, comme en Egypte ou en Tunisie, le FMI a fourni des financements qui permettront un ajustement budgétaire plus progressif que ce qui aurait été possible autrement, et à un taux d’intérêt plus bas ».
« Nous nous efforçons également d’être attentifs aux circonstances sociales et politiques, comme en Tunisie, où nous avons adouci plusieurs fois l’objectif en matière de déficit budgétaire, malgré les conséquences pour la dette et l’inflation », explique le même responsable, dont l’institution a été accusée de vouloir imposer un programme d’austérité à la Tunisie qui aurait été à l’origine de la montée des tensions sociales dans ce pays maghrébin. Le FMI a toutefois nié, jeudi dernier, avoir agi de la sorte. M. Azour fera remarquer que les tensions dans des pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord montrent clairement que le désir de prospérité, d’équité et d’avenir des habitants de la région reste insatisfait ». C’est pourquoi les réformes entreprises dans la région du Mena doivent se faire de façon « équitable », préconise le même responsable au sein du FMI. Avant d’expliquer que « les programmes menés dans ce sens devraient aussi veiller à l’équilibre social et à tenir la promesse d’une vie meilleure pour tous, et plus particulièrement pour les personnes pauvres et vulnérables ». Or, il s’avère aujourd’hui que dans un bon nombre de pays Mena, les réformes économiques se réalisent par l’entremise de mesures restrictives à poids punitif pour de larges couches sociales, notamment les plus démunies, qui sont souvent les premières, sinon les seules, à payer la lourde facture des réformes. Aussi, poursuit le directeur du département Moyen-Orient et Asie centrale du FMI, les gouvernements devraient veiller à assurer « une répartition équitable de l’impôt sur toute la population. Reconnaissant que « la politique fiscale et budgétaire des Etats constitue peut-être bien le sujet le plus sensible », il appelle à «redoubler d’efforts pour lutter contre la fraude fiscale, élargir l’assiette de l’impôt » et veiller également de plus en plus à ce que « les personnes les plus vulnérables soient préservées des augmentations d’impôts et des réductions des dépenses ».
En parallèle, il préconise la réduction des subventions à l’énergie, très coûteuses et profitant aux riches. Un sujet d’actualité en Algérie, faut-il le rappeler. M. Azur considère aussi qu’il faut maintenir les subventions alimentaires, par exemple pour l’achat de pain, en citant la Jordanie et la Tunisie, mais pas l’Algérie. Malgré des circonstances très difficiles, la région Mena a globalement maintenu sa stabilité macroéconomique, estime le même responsable au sein du FMI, mettant en avant les données qui plaident pour pareil constat, entre croissance en hausse, inflation qui se stabilise, et, dans la plupart des pays, un endettement qui ralentit.
Dans la même logique d’un discours optimiste, M. Azour, évoque les capacités de la population jeune de la région à alimenter une croissance économique sans précédent, et la priorité de plus en plus donnée par les dirigeants « à la croissance et à l’emploi ».