La quatrième session du conseil national de l’UGCAA s’est tenue, hier, à Alger où son président, Salah Souilah, a appelé au patriotisme des commerçants pour promouvoir le produit national et lutter contre la spéculation.

L’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA) a tenu, hier à l’hôtel El-Aurassi, son conseil national ordinaire. Les travaux se sont déroulés en présence des représentants des ministères du Commerce, de l’Intérieur, et ceux des départements des assurances et de la Casnos. Un évènement qui intervient dans une conjoncture particulière, marquée par une série de mutations économiques, sociales et politiques.
Dans son discours inaugural, le président de l’UGCAA, Salah Souilah, est revenu sur plusieurs sujets d’actualité, dont l’encouragement du produit national. Il indiquera à ce sujet que « ce conseil se veut comme un début pour l’UGCAA dont l’objectif est de défendre tous les projets relatifs à la promotion des secteurs économique et social à l’échelle nationale ».
Pour lui, le pari réside dans l’encouragement du label algérien et l’édification d’un marché national basé sur la consommation de la production locale , soulignant l’intérêt de s’associer aux efforts du gouvernement dans la lutte contre la spéculation et le monopole. Il indiquera par la même occasion que « la présence de représentants de différents ministères » constitue «un signal fort de solidarité ». « Le sens du patriotisme économique fait de vous le partenaire du gouvernement», a-t-il plaidé en appelant l’assistance, composée essentiellement de commerçants et de représentants du secteur, à s’unir pour encourager la production locale qui, selon lui, devrait être à l’origine de la stabilité des prix des produits alimentaires.

La spéculation et le monopole dénoncés
Concernant la hausse des prix des produits alimentaires, le responsable de l’Union générale des commerçants et des artisans algériens s’en lave les mains. Il observe que des parties exerçant dans l’informel accaparent la distribution et fixent les prix à leur guise. Pour lui, c’est à ce niveau que le gouvernement doit sévir en mettant fin à cette situation.
Abordant la pénurie de lait, le conférencier a indiqué que « la pénurie de lait est provoquée volontairement par certains distributeurs », tout en expliquant qu’« il y a dysfonctionnement au sein de la filière ». Il soulignera que « 14 500 tonnes de lait en poudre sont distribuées chaque mois aux laiteries», estimant que « c’est le rôle de l’interprofessionnelle du lait de l’organiser pour doubler ou tripler la production ». Concernant le prix de la baguette, il dira que « l’UGCAA a toujours appelé les boulangers à respecter les prix du pain fixés par l’Etat, exhortant les propriétaires de minoterie à les approvisionner en farine aux prix subventionnés et fixés par l’Etat ». Néanmoins, a-t-il souligné, «son organisme a présenté un dossier demandant aux pouvoirs publics l’augmentation de la marge bénéficiaire des boulangers». Aussi, il a dénoncé le monopole de «certaines parties» sur des produits de large consommation, affirmant qu’alors que les cours sur le marché international ont baissé, cela ne se répercute pas sur le marché national.

Pas d’augmentation du taux de cotisation à la CASNOS
Sur un autre volet, le Directeur général de la Caisse de sécurité sociale des non-salariés (CASNOS), Acheuk Youcef Ahmed Chaouki, a fait savoir que les commerçants sont ceux qui cotisent le plus. Le même responsable, qui est intervenu en marge de la session ordinaire du conseil de l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA), a précisé que le nombre de commerçants et artisans affiliés à la Casnos avoisine les 2 millions de personnes, dont la moitié paye ses cotisations à temps.
M. Acheuk a souligné que la mesure importante inclue dans la loi de finances complémentaire, qui a consisté à porter les délais d’acquittement au 31 décembre de l’année passée, a permis de réaliser une hausse dans les cotisations de la Casnos. Le même responsable a rassuré les cotisants en disant qu’il n’y a aucune augmentation du taux de cotisation.
Il a indiqué en outre qu’il n’est pas logique qu’un commerçant installé dans un village paie la même cotisation qu’un autre installé dans une grande ville. Il a appelé ainsi les commerçants à se présenter et payer leur cotisations, car, explique-t-il, les 32 000 dinars/an de cotisation d’un commerçant demeurent très minimes par rapport aux services fournis par la Casnos, à savoir la retraite et l’assurance maladie.
Le responsable a, également, affirmé que des moyens seront mobilisés pour renforcer et affiner les opérations de contrôle des travailleurs non-salariés qui ne sont pas affiliés à la Casnos ou affiliés, mais qui sont débiteurs de cotisations. En effet, les moyens des agents de contrôle de la Caisse sont renforcés par la mise à disposition d’un système mobile de consultations et d’affiliations d’office des travailleurs non-salariés qui ne sont pas affiliés.