Afin de demander l’arrêt « immédiat » de la grève illimitée qu’observent les enseignants affiliés au syndicat autonome Cnapeste depuis le mardi 16 janvier dernier, la Fédération des associations des parents d’élèves (FAPE) de Béjaïa a organisé, hier matin, un rassemblement de protestation devant le siège de la wilaya.

En effet, des dizaines de parents d’élèves ont répondu favorablement, hier, à l’appel de leur fédération qui exige « l’application stricte des lois relatives aux droits des enfants pour l’éducation, l’arrêt immédiat de la grève et le retour inconditionnel de nos enfants aux études et mettre tous les moyens nécessaires au profit des élèves afin de récupérer le retard accumulé ».
Notons que cette action de protestation a été décidée par la FAPE de la wilaya de Béjaïa à l’issue de sa réunion extraordinaire, tenue le 17 janvier, après avoir relevé « l’incapacité des pouvoirs publics à soustraire nos enfants de la prise d’otage constituée de parties irresponsables jouant avec leur avenir ».
C’est vers 10h00 que les manifestants se sont amassés devant le portail principal du siège de la wilaya bordant l’artère principale de la capitale des Hammadites, la rue de la Liberté. Ils arboraient des banderoles et des pancartes sur lesquelles on pouvait lire certains slogans de circonstance, tels que « Grève répétée, administration passive, enfants traumatisés et parents inquiets », « Non au dérapage de l’éducation », « Rendez aux enfants leur droit à l’éducation ! », « L’Éducation n’est pas une promotion, mais une mission » et « Ecole de qualité égale Nation forte »…
Lors de ce sit-in, le président de la Fédération des APE de Béjaïa, M. Djoudi Touazi, accompagné d’un autre membre de l’organisation, a été reçu par le secrétaire général (SG) de la wilaya. « Nous avons été reçus par le SG de wilaya à qui nous avons fait part de notre inquiétude face à cette grève qui joue à l’avenir de nos enfants », a déclaré M. Touazi à la foule, à sa sortie de la wilaya.
L’orateur estime, dans son intervention, que le droit à l’éducation des enfants à Béjaïa, est bafoué. « Nous sommes ici pour exprimer notre colère et dire qu’on ne veut pas que nos enfants aient un avenir obscur. Nous devons, en tant que parents, les protéger pour qu’ils étudient dans la sérénité. C’est pour cela, d’ailleurs, que nous interpellons tous les responsables concernés, de se pencher sérieusement sur ce conflit qui menace l’avenir de nos enfants », soutient-il.
M. Touazi met à profit cette tribune pour faire lecture de la lettre adressée par son organisation au wali de Béjaïa, dans laquelle la FAPE se déclare « consternée par la reprise de la grève illimitée ».
« Ces enfants sont innocents et sont le maillon faible de la société, ils ne sont pas la source des problèmes survenus au niveau de l’Education de Béjaïa (…). Ils ont des droits inscrits, en premier lieu dans la Constitution de la République algérienne. L’Algérie a ratifié toutes les conventions internationales relatives à la protection des droits des enfants dont les droits à l’éducation, à la sécurité, à la santé, à la nourriture, etc. », écrivent les responsables de ladite fédération. Ces derniers interpellent, à travers leur missive, les autorités compétentes du pays, en leur demandant de protéger les enfants.
« Nous n’allons pas nous taire, si l’école continue dans cette galère et si nos enfants demeurent en otage », ont-ils mis en garde dans leur correspondance.
Toutefois, la FAPE se dit prête à « collaborer et à travailler avec les responsables, particulièrement ceux de l’éducation, dans l’objectif d’améliorer les conditions sociopédagogiques de nos enfants à l’école ».
Enfin, il y a lieu de préciser que le président de la FAPE a fait savoir à l’assistance qu’une réunion d’évaluation se tiendra demain, mardi 23 janvier, au siège de son organisation. « Outre l’évaluation de notre action d’aujourd’hui, nous allons débattre des actions éventuelles à mener prochainement, si la situation de statu quo continue encore à perdurer ».