Le Syndicat national des praticiens de la santé publique (Snpsp) a invité hier les syndicats autonomes du corps médical à adhérer à l’Intersyndicale pour faire valoir leurs droits.

Lors d’une conférence de presse animée hier, Lyes Merabet, le président du syndicat, à l’origine de cette invitation, a également appelé les adhérents du Snpsp à participer pleinement au mouvement de protestation prévu pour le 14 février prochain.
A ses yeux, tous les syndicats autonomes et notamment ceux du corps médical devraient se réunir autour de l’Intersyndicale pour défendre principalement « les libertés syndicales, la préservation du pouvoir d’achat et le droit de bénéficier de la retraite anticipée».
Le Dr Merabet fait savoir que le bureau national du Snpsp a pris la décision de convoquer un conseil national extraordinaire le 8 février prochain afin d’évaluer l’état de prise en charge des dossiers contenus dans sa plateforme de revendications nationale : « Les adhérents veulent renouer avec le mouvement de protestation vu l’aggravation des problèmes et l’attitude passive du ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière ».
Il explique que la grogne gagne davantage les praticiens de santé publique suite à la décision « unilatérale » de la tutelle de prolonger la campagne de vaccination contre la rougeole et la rubéole pour une durée indéterminée, sans les avoir associés à cette décision. « Nous avions reçu une note le 3 janvier du ministère de la Santé par laquelle on nous demandait de prolonger la campagne de vaccination sans que la tutelle tienne compte de l’activité sanitaire quotidienne que doivent accomplir les professionnels de la santé ainsi que le droit aux jours de repos hebdomadaires légaux pour ces fonctionnaires », justifie le président du Snpsp. Pour lui, cette décision prise d’une manière unilatérale dénote d’un « manque de stratégie et de manque de considération au personnel », faisant savoir que seulement «8 à 10% des écoliers » ont été vaccinés.
A ce propos, il dit que le dialogue est en quelque sorte rompu avec le département de Mokhtar Hasbellaoui : « Depuis sa prise de fonction, on a eu une séance de prise de contact avec lui le 17 juillet 2017, et une réunion avec les cadres du ministère le 17 octobre, sans qu’il y ait de suite», précise le conférencier.
A ce propos, il demande le « gel » du projet de loi sur la santé, et d’ouvrir les portes devant les syndicats du secteur pour participer à son enrichissement avant de le soumettre pour adoption à l’APN.
« Dans sa mouture actuelle, les articles du projet de la santé proposent le secteur aux investisseurs privés, alors que les deux secteurs devraient être complémentaires et compétitifs à la fois », argue M. Merabet.
D’autre part, pour le président du Snpsp, le problème de la couverture médicale spécialisée à travers tout le territoire national « ne peut être résolu à travers le service civil instauré en 1984 ; les problèmes auxquels fait face le secteur ne se régleront pas en maintenant le service civil.
Il faut qu’il y ait des perspectives à moyen et long termes pour remédier au déséquilibre qu’il y a entre le nord et le sud et réunir les conditions nécessaires pour le travail des médecins spécialistes avant leur affectation dans des zones reculées ».
Le Dr Merabet réitère dans ce contexte son soutien total aux actions des médecins résidents, et condamne « l’agression» dont ils ont fait l’objet, le 3 janvier, à l’hôpital Mustapha Pacha, soulignant que ce genre de pratique devrait « disparaître ».
Sur un autre volet, il invite également les praticiens de la santé publique à se solidariser avec le syndicat autonome de la poste, dont deux responsables syndicaux ont été licenciés en 2014 : « J’invite nos adhérents à participer à l’action de protestation qui devra avoir lieu le 1er février devant la direction d’Algérie Poste à Bab Ezzouar en signe de solidarité avec le syndicat de la poste », soutient le président du Snpsp.