Le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Mokhtar Hasbellaoui, semble être déterminé à régler les problèmes du personnel de son secteur en multipliant les rencontres avec les syndicats, notamment les paramédicaux et les médecins résidents.

 

En effet, le ministre a organisé jeudi dernier une rencontre avec le Syndicat algérien des paramédicaux (SAP), pour discuter de leurs revendications socioprofessionnelles. Au terme de cette rencontre, le secrétaire général de SAP, Lounès Ghachi, a indiqué que le ministère de la Santé s’est dit «disposé à prendre en charge les revendications des paramédicaux, notamment celles relatives à la carrière professionnelle et à l’activité syndicale», en ajoutant que le premier responsable du secteur «s’est dit disposé à régler la question du recrutement, dans le corps paramédical, des diplômés LMD (Licence-master-doctorat), qui est restée tributaire d’un décret du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique», en expliquant que le syndicat doit solliciter le ministère de la Santé tous les quatre ou cinq ans pour le renouvellement des contrats de travail des paramédicaux bien que les postes d’emploi soient garantis par les pouvoirs publics. Le syndicaliste a par ailleurs déploré les pressions que subissent certains syndicalistes au niveau régional, notamment à Djelfa et Béjaïa, en affirmant que le SAP a reçu des promesses quant au «règlement de cette question avant la réunion, samedi, du conseil national, seul habilité à se prononcer sur la grève».
La grève des paramédicaux a aggravé la situation des hôpitaux qui subissent déjà les retombées de la grève illimitée des médecins résidents entamée le 24 décembre. Représenté par le Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra), ces résidents vont participer demain au comité intersectoriel avec le ministre de la Santé. Ce comité sera composé de personnalités médicales reconnues, de représentants de différents départements ministériels, et il sera chargé de l’élaboration et du suivi de la mise en œuvre d’une feuille de route relative à tous les aspects en rapport avec la formation et le devenir des résidents «en concertation avec tous les secteurs et parties concernés», selon le ministère en tutelle.
La tenue de cette rencontre n’a pas empêché les résidents de maintenir la grève illimitée et le boycott de l’examen des Etudes médicales spécialisées DEMS. Et pour cause, ils ne veulent pas refaire les mêmes erreurs de 2011 et 2015 où, selon eux, des rencontres comme celle de demain ont été organisées suite à des mouvements de grève, mais sans résultats. Pour rappel, les résidents réclament l’abrogation de l’obligation de service civil dans le Sud et les Hauts-Plateaux, le bénéfice de la dispense de service militaire comme tous les citoyens algériens notamment en cas de maladie ou de soutien de famille. Ils réclament également l’amélioration des conditions de travail, notamment la sécurité et l’acquisition des moyens nécessaires pour exercer leur profession.