La décision des Etats-Unis de geler plus de la moitié de leurs versements prévus à l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens UNRWA est un nouveau message de défiance à l’égard de l’ONU et de la communauté internationale. Et un parti-pris flagrant contre les Palestiniens, un peuple sous occupation.

Cette annonce qui était attendue par les observateurs commence à avoir des conséquences fâcheuses. L’agence onusienne pourrait être confrontée à sa « plus grave crise financière » en presque 70 ans d’histoire. Le département d’Etat américain a annoncé retenir jusqu’à nouvel ordre le versement de 65 millions de dollars à l’UNRWA, sur les 125 millions de contribution volontaire américaine prévus à l’agence.
Ces sommes étaient supposées constituer le premier versement américain de l’année à l’UNRWA en attendant le reste, une décision qui met l’agence dans une situation des plus critiques. Washington avait versé 350 millions de dollars à l’UNRWA en 2017, selon les chiffres donnés par l’agence. « La réduction drastique de cette contribution a pour effet la plus grave crise financière dans l’histoire de l’agence », établie depuis 1949. Cette annonce de gel des aides pour un peuple sous occupation inaugure une période nouvelle dans le conflit entre l’occupant israélien et le peuple sous occupation palestinien. Les Etats-Unis perdent de fait leur rôle de parrain de tout processus de paix. En gelant les aides pour les Palestiniens, Washington n’aura plus la latitude d’exiger de l’OLP et de Mahmoud Abbas de garder un minimum « d’équilibre » et de discuter avec leur bourreau.
Le président palestinien semble avoir déjà changé le ton envers les Etats-Unis qui avec les dernières décisions ne sont plus en mesure de mener le jeu ou du moins faire gagner du temps à leur protégé israélien. Ce dernier, qui n’a jamais stoppé les opérations de constructions de nouvelles colonies malgré leur illégalité, semble jouer sur du velours avec l’administration Trump.

Contre la légalité internationale
C’est dans ce contexte de tension que les autorités israéliennes tentent de faire accélérer les choses. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré que les Etats-Unis pourraient transférer d’ici un an, donc bien plus vite que prévu, leur ambassade américaine vers la ville d’Al-Qods. Pourtant le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson avait déclaré lui-même en décembre dernier que le transfert ne serait probablement pas réalisé avant au moins deux ans. L’annonce de ce transfert de l’ambassade américaine a été dénoncée par les Palestiniens, et par la communauté internationale lors d’un vote historique de l’assemblée générale de l’ONU. Seuls sept Etats membres, dont les Américains et les Israéliens, ont voté en faveur du transfert.
Cette annonce a provoqué un regain de tension dans les territoires occupés, et une nouvelle Intifadha semble inéluctable. Les Palestiniens voient dans la décision de Trump, en rupture avec des décennies de « diplomatie » internationale, un déni de leurs revendications légitimes.
Il s’agit ici de la manifestation la plus flagrante du parti pris pro-israélien de la Maison-Blanche avec l’occupant israélien contre la légalité internationale. Dans le monde, même si la tension a baissé d’un cran, la réprobation fait toujours l’unanimité. Hier, le Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a déclaré qu’Al-Qods est « indéniablement » la capitale de la Palestine. Le président du Parlement libanais Nabih Berri a appelé tous les pays musulmans à transférer leur ambassade à El Qods et à boycotter les marchandises israéliennes. En effet, le boycott des produits israéliens initié par plusieurs organisations internationales courageuses notamment en Europe et aux Etats-Unis semble avoir un effet. Les autorités israéliennes mènent une guerre sans merci à ces ONG qui prônent la légalité internationales.