La nouvelle année qui pointe le bout de son nez ne sera certainement pas comme les autres en matière économique en Algérie. Les mesures induites par la nouvelle loi de finances prônant une politique économique plutôt orthodoxe seront éprouvées sur le terrain.

Les citoyens inquiets notamment sur d’éventuelles augmentations des prix de consommation sont en attente de l’impact de ces mesures sur leur quotidien. Le coup de frein dans les importations décidé par les pouvoirs publics afin de ralentir la dissipation en devises et par ricochet encourager la production nationale devrait engendrer de nouvelles habitudes. Ce choix est présenté comme la panacée à la fonte comme neige des réserves de change. Les sceptiques demandent toujours à voir sur place. L’économie nationale reste toujours en quête d’oxygène, faute d’avoir consolidé ses structures propres lorsque l’embellie le permettait. Aujourd’hui que la situation a changé, il faudrait se serrer la ceinture et utiliser ses potentialités propres de la manière la plus judicieuse. Il est indéniable que l’année 2018 sera celle de l’entame d’un processus nouveau en matière commerciale. Recourir à des moyens de financement nonconventionnels en autorisant la Banque d’Algérie à financer directement l’économie aura été un choix cornélien. Il fallait recourir à des moyens de sauvetage, en attendant des jours meilleurs. Certains signes sont cependant bons à prendre. Aujourd’hui, l’Algérie assure plus de 70% de son alimentation par la production nationale, annonce le ministère de l’Agriculture. Un chiffre qui va dans le sens de l’option prônée par l’Etat pour les années à venir. Il faut dire que l’Etat a longtemps laissé faire. Lorsqu’il y avait 174 milliards de dollars de réserves de changes l’Algérie importait 500 000 véhicules par an pour 6 milliards de dollars. Aujourd’hui, il s’agit de revenir à une gouvernance économique davantage rationnelle. L’année 2018, et probablement celle qui lui succèdera, seront incontestablement un test pour les choix du gouvernement.