Fruit d’une coopération entre la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) et l’Organe national de prévention et de lutte contre la corruption, une session de formation s’est déroulée du 5 au 7 décembre en cours, dans le cadre de l’amélioration et la mise à niveau des cadres de l’institution sécuritaire dans le domaine de développement de leurs différentes capacités dans la lutte contre la corruption.

L’inspecteur régional du sud-est et contrôleur de la police, Abdeslam Laalmi, qui a animé la session, a expliqué que la corruption peut être directement reliée aux nouveaux crimes, comme la cybercriminalité et les crimes transfrontaliers.

De son côté le représentant de l’Organe national de prévention et de lutte contre la corruption, Riyad Maâmar, a mis en avant l’importance que revêt cette session de formation, retenue au titre de la mise en œuvre du programme national de sensibilisation des employés de la Fonction publique sur les dangers de la corruption et ses effets négatifs et dévastateurs. Pour sa part, Ahmed Ghaï, colonel retraité, expert en code pénal et chercheur en matière de lutte contre la corruption auprès de l’Institut supérieur de planification et de gestion, a expliqué que l’Algérie a ratifié la convention des Nations unies contre la corruption (Uncac) en 2004 et qu’en 2006, tous les textes législatifs et réglementaires relatifs au domaine de la prévention et de la lutte contre la corruption ont été révisés et mis à jour conformément aux articles de cette convention onusienne. Ce programme a été organisé et mis en place selon les engagements de l’Algérie au niveau international en matière de lutte contre la corruption et en exécutant la loi n° 06-01 relative à la prévention et à la lutte contre la corruption, a-t-il précisé. Dans un entretien avec Reporters, cet expert a déclaré que pour que les lois, les conventions et des législations promulguées ne demeurent pas de l’encre sur papier, des instances spécialisées doivent être créées pour les activer. Pour son engagement envers cette convention et sa mise en œuvre, poursuit Ahmed Ghaï, l’Algérie a créé plusieurs instances, à savoir l’Organe national de prévention et de lutte contre la corruption qui est une autorité administrative et indépendante, l’Office central de répression de la corruption spécialisé dans les enquêtes judiciaires et d’investigations en matière de lutte contre la corruption et la cellule de traitement des informations financières et le blanchiment d’argent, y compris d’autres organismes qui activent dans la lutte contre la corruption comme la Gendarmerie nationale, la police, l’inspection générale des finances, le Conseil national de comptabilité et les organismes relevant des différentes ministères qui assument le rôle de surveillance, a ajouté l’interlocuteur. En réponse à une question sur l’existence de la corruption malgré l’arsenal juridique et législatif mis en place en matière de lutte contre ce phénomène, l’expert Ahmed Ghai reconnaît que cette question très complexe et embarrasse autant les criminologues que les chercheurs en criminologie. La corruption, selon lui, ne peut être éradiquée totalement. Les efforts déployés dans ce sens visent seulement à la réduction de ce phénomène socio-économique.