La pensée d’un psychiatre était au centre d’une réflexion faite à l’occasion de la commémoration du 55e anniversaire de la mort de Frantz Fanon, médecin psychiatre, écrivain et combattant anticolonialiste entre autres.

Dans sa communication donnée en présence des autorités locales et un public nombreux, le docteur Bechinia Mouldi, professeur à l’université Chadli-Bendjedid et président de l’Académie de la société civile algérienne de la wilaya d’El Tarf, a longuement parlé de la vie de ce grand penseur africain anticolonial, un homme qui dès les premières heures, a épousé la cause algérienne et soutenu la lutte de libération afin de chasser le colonisateur français. Le docteur Benchinia a, par ailleurs, mis en exergue plusieurs aspects des idées et des apports de Fanon à la pensée et à la théorisation de la Révolution de Novembre 1954 qui a payé un lourd tribut. Il a reconnu en lisant son œuvre que ce psychiatre qui a travaillé pendant la lutte de libération à l’hôpital psychiatrique de Joinville à Blida que c’est un « homme engagé » qui a milité contre toute forme de racisme et d’oppression. Fanon décrivait cet hôpital comme un lieu carcéral, surtout la partie réservée aux malades algériens, avec des services fermés, des chaînes et des camisoles. Le docteur Benchinia a révélé que la pensée de ce militant de la cause algérienne mérite réflexion car seuls les opprimés, ceux qui ont connu les affres de la colonisation, sont capables aujourd’hui de jauger sa portée. Le directeur local des moudjahidine a brossé un tableau sur le parcours glorieux du psychiatre Fanon qui a marqué son époque par une prise de position courageuse contre le colonialisme français en Algérie. Au centre de formation hôtelière, les participants ont eu droit à une exposition de photos du défunt Fanon.
Notons au passage que le wali accompagné d’une forte délégation s’est rendu à Aïn Kerma pour se recueillir au carré des martyrs de cette commune sur la mémoire de ce militant des causes justes des peuples. Un sanctuaire portant le nom de ce militant de la cause algérienne, un farouche défenseur des droits de l’homme, en particulier la cause algérienne, qu’il a portée au-delà de l’Afrique. Fanon a été rédacteur au journal El Moudjahid seule voix de la Révolution durant la guerre de libération. Pour rappel, le psychiatre Frantz Fanon, un Antillais de nationalité fut emporté, en 1961, par une leucémie. Avant sa mort il a fait le vœu d’être enterré sur un pan de la terre algérienne. Son vœu fut exhaussé, il a été enterré à Siffan puis ses restes ont été transférés au Carré des martyrs de la commune d’Aïn Kerma, située à une trentaine de kilomètres du chef-lieu de wilaya. Huit colloques auxquels ont participé des sommités de l’histoire contemporaine, des penseurs, des écrivains des cinéastes ont été organisés à El Tarf sur ce grand défenseur de nature révolutionnaire, allié des opprimés. Les participants à la commémoration de sa mort souhaitent la reprise de ces colloques.