Décerné mercredi dernier, lors d’une cérémonie organisée au siège du Centre national du livre (CNL), situé à Paris, le prix de l’Association France-Algérie a été attribué au romancier Samir Toumi pour son dernier ouvrage intitulé l’Effacement, un texte paru en 2016 aux éditions Barzakh.

Le roman est le portrait d’un quadragénaire tourmenté, écrasé par le souvenir de son père, et souffrant du «syndrome de l’effacement». L’auteur a précisé mercredi que la trame de l’histoire, la «phrase clé» de l’aventure, restait la tentative du personnage de répondre à une question : «le fameux qui sommes-nous ?». Texte écrit par un écrivain révélé en 2013 avec un premier roman intitulé Alger, le cri (Barzakh), dans lequel il évoquait déjà l’aspect psychologique du personnage au travers du rapport changeant et tourmenté des Algérois à leur ville. Samir Toumi a ainsi déclaré, mercredi, à propos des sujets qu’il traite et de sa vision de l’apport de la littérature à la société algérienne que «nous sommes un pays jeune, avons une histoire qui est, par contre, très longue et ‘qui nous sommes’ est une question tellement importante pour notre génération». Soutenant par ailleurs que le but de la littérature est aussi de «comprendre qui nous sommes», elle a «cette vertu que n’a peut-être pas la politique de dire les choses (…) mais qui est de porter des propos importants à travers ces petites vies minuscules, du quotidien», Samir Toumi, un auteur appartenant à la nouvelle génération des romanciers algériens, des écrivains dont les textes abordent plus facilement le côté personnel pour évoquer les travers de la société, précise ainsi que «raconter des choses simples peut porter des messages puissants». «Je pense que c’est pour cette raison que beaucoup d’Algériens écrivent. C’est une question qui nous taraude et nous interroge et nous renvoie à nos contradictions, notre complexité (…) Il ne faut pas avoir peur de regarder nos contradictions et notre complexité en face. Justement, c’est cette complexité qui fait qui nous sommes».