Reportée à plusieurs reprises pour divers motifs, allant de l’insécurité qui prévalait, à juste titre, il y a quelques temps dans la vallée du M’zab, puis pour des motifs d’indisponibilité de salle pouvant l’accueillir et de manque de budget conséquent à même de faire face aux charges financières, alors que d’autres avaient avancé la décision, jamais confirmée d’ailleurs,

de son annulation pure et simple de la carte des festivals annuels par le ministère de la Culture, la septième édition du Festival culturel local des chansons et musiques du M’zab, initialement prévue à Ghardaïa, pour la première semaine de décembre de l’an 2015, se tiendra finalement et au grand bonheur des puristes et des mélomanes en pleines vacances de printemps, soit du 23 au 26 mars 2017.
C’est ce qui nous a été communiqué, jeudi, par le jeune et dynamique Hamid Maïz, le directeur de la culture par intérim de la wilaya de Ghardaïa. Un riche programme, étoffé par un artiste de renom, en l’occurrence l’auteur de la sublime et superbe chanson mozabite Lachi Lachi, Djamel Debbache, plus connu sous son nom d’artiste de Djamel Isly, a été concocté. La décision de l’organisation de cette 7e édition a été prise, suite à la levée des plus importantes contraintes.
En effet, la sécurité, condition sine qua non à toute activité quelle qu’elle soit, économique, scientifique, sociale, touristique, culturel ou artistique, est complètement rétablie depuis plus de 18 mois dans la région et sur tout le territoire de la wilaya de Ghardaïa. Pour preuve, la réussite totale de l’organisation de la 48e édition de la Fête du tapis qui a drainé, du 18 au 22 avril 2016, un nombre jamais inégalé d’exposants et une considérable foule de visiteurs de toutes les régions du pays et même d’au-delà de nos frontières, et ce, après trois années consécutives d’annulation. Ce qui a grandement contribué à cette réussite reste indéniablement la parfaite maîtrise sécuritaire et c’est certainement cette belle démonstration qui a influé et incité énormément des familles à se déplacer avec leurs bambins. Par ailleurs, la salle de spectacle, anciennement Cinéma M’zab, où se déroule d’habitude toute la manifestation artistique, est complètement rénovée et donc tout à fait prête à recevoir toutes sortes de rencontres. Avec une capacité, en orchestre et balcon, de 300 places, elle a subi pendant quatre mois un grand lifting pour un coût de plus de 8 millions de dinars.
La climatisation, le réseau électrique, la sonorisation, la décoration, les sièges, les accès ainsi que le système d’isolation acoustique de la salle, tout a été remis à neuf et ce sans compter la mise aux normes de tous les équipements techniques. Ces deux contraintes majeures, la sécurité et la salle de spectacles, ainsi levées, il n’y aurait donc, a priori, plus de raisons de maintenir en hibernation ce festival qui avait pour objectifs, entre autres, la découverte de jeunes talents et la mise sous les projecteurs des artistes de la région, longtemps maintenus dans l’ombre. Rappelons que le festival culturel local des chansons et musiques du M’zab, dont la première édition s’était déroulée en mai 2009, avec la participation de plus d’une vingtaine de troupes, d’artistes et de jeunes talents de la wilaya de Ghardaïa, s’inscrit dans le cadre de la promotion du patrimoine immatériel de la région touristique du M’zab, en particulier sa chanson, sa musique et sa poésie. Des dizaines de troupes artistiques et de jeunes talents de la région du M’zab, ainsi que des groupes de musique de Tamanrasset, In Salah, Ouargla, Batna, Khenchella, Kabylie et d’ailleurs, avaient l’habitude de s’y produire et d’animer durant ce festival des soirées musicales et poétiques, suscitant un grand engouement de la part du public qui a toujours répondu présent en force. Alors, que vibre la vallée et que la culture en soit le catalyseur !