Les souks hebdomadaires ou bihebdomadaires des petites agglomérations sont devenus, par les temps qui courent, le carrefour des petites gens en quête de bas prix et de petites affaires à l’exemple de l’acquisition de vieux meubles, de matériels électriques, électroniques, informatiques et ustensiles de cuisine.

Boudés depuis quelques années par la plupart des citoyens, ces lieux ont repris leur ancien statut de pôles commerciaux et proposent des occasions de business et d’approvisionnement en divers produits accessibles à toutes les bourses. Dans ces souks, tout se négocie et tout se vend et s’achète, les prix appliqués y sont pour quelque chose. Nombreux sont ceux qui s’y rendent pour l’achat de petits objets généralement introuvables dans les magasins du fait de leur rareté ou de leur disparition sur les marchés. Cependant, la grande majorité des citoyens s’y rend pour l’achat de viandes rouge et blanche. Un tour du côté des étals des bouchers vous donnera un aperçu sur le nombre impressionnant d’individus venus spécialement pour l’achat de cette denrée. Les viandes ovines, bovines et caprines exposées sur des étals en métal ou accrochées à des esses, en mal de propreté et d’hygiène, ne font reculer personne, c’est la ruée assurée pour les meilleurs morceaux. Malgré leur exposition à la chaleur et aux vents chargés de poussière, tout disparaît en l’espace de quelques heures. Les bouchers sont toujours les premiers à baisser rideau, c’est une évidence. La viande de vache et non de veau est la moins chère, son prix varie entre moins de 400 dinars et 600 dinars chez certains bouchers. Et qu’importe la qualité, seule la quantité intéresse les acheteurs. Les clients préfèrent cette viande à celle des bouchers des quartiers et cités des villes et villages dont les prix affichés grimpent de façon hallucinante. Les gens en achètent en grande quantité même si parfois la qualité fait défaut. Un monsieur que nous avons abordé nous a avoué se rendre chaque semaine dans un souk de la wilaya pour acheter de la viande de vache, sa famille en consomme régulièrement et la trouve succulente. Même si parfois elle est « coriace » pour les mâchoires, elle donne du goût aux plats, a-t-il souligné.
Du côté des volaillers, c’est la grande ruée au vu des prix très bas appliqués par ces derniers. Cependant à voir ces messieurs tremper les poulets égorgés, dans des seaux remplis d’eau noirâtre, toute souillée, aux fins de les déplumer, l’on se demande où sont les contrôleurs d’hygiène. Et à l’exemple de la viande de vache, tout disparaît en un laps de temps record.