Surmédiatisé, le report de la visite d’Angela Merkel, en Algérie, est ce qu’il y a de tout ordinaire. Dans un entretien téléphonique, le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, a rassuré la chancelière allemande qui, de son côté, a exprimé sa disponibilité à se rendre en Algérie dans les meilleurs délais. Il n’y a pas place à la spéculation !

Le chef de l’Exécutif a eu hier un entretien téléphonique avec la chancelière de la République d’Allemagne, Angela Merkel, axé sur le développement de la coopération bilatérale et la situation dans la sous-région, indique un communiqué des services du Premier ministre, diffusé par l’agence officielle APS. « La chancelière, qui était rassurée sur l’évolution de l’état de santé du président de la République, monsieur Abdelaziz Bouteflika, a réitéré son entière disponibilité à se rendre en Algérie, et ce, le plus tôt possible », a-t-on précisé dans le document, mettant ainsi un terme à une polémique qui n’aura duré que 24 heures. La veille, faut-il le rappeler, les autorités algériennes et allemandes avaient convenu, « d’un commun accord, du report de la visite officielle » que devait effectuer la chancelière Merkel en Algérie lundi et mardi, en raison de l’« indisponibilité temporaire » du président Bouteflika, due à une « bronchite aiguë », selon un communiqué de la présidence de la République.
Immédiatement, l’information a fait le tour des médias nationaux et étrangers et même à travers les réseaux sociaux où certains ont trouvé l’occasion idéale pour relancer le dossier de la maladie du chef de l’Etat qui n’est pourtant plus qu’un secret de polichinelle. En effet, des parties ont trouvé une brèche pour parler encore de « vacance du pouvoir » pour s’attaquer au chef de l’Etat, bien que la présidence avait rassuré que la « visite sera programmée de nouveau à une date dont conviendront les deux parties ». D’où l’appel téléphonique du Premier ministre qui semble destiné à mettre un terme à une polémique montée presque de rien et qui n’aurait même pas lieu d’être. Il est vrai qu’Abdelmalek Sellal a rassuré la chancelière allemande, mais ses assurances sont aussi destinées, sans le moindre doute, à l’opinion publique nationale qui pourrait être affolée suite à la polémique née du report du déplacement de Merkel en Algérie.
Plus que ça, l’entretien n’était pas axé sur la raison du report du rendez-vous, puisque les deux responsables ont abordé les relations entre l’Algérie et l’Allemagne et les dossiers d’intérêt commun. Histoire de dissiper tout équivoque. La chancelière a, « tout en remerciant le président Abdelaziz Bouteflika pour son invitation, fait part de sa satisfaction quant au développement des relations bilatérales et a souhaité les voir consolidées davantage dans le domaine économique, entre autres », explique d’ailleurs le communiqué des services du Premier ministère qui précisent que l’entretien a porté aussi sur « la coopération en matière de lutte contre le terrorisme et la migration illégale». Et à cet égard, il a été convenu de « renforcer l’ensemble des moyens et des capacités pour juguler ces deux phénomènes dans le cadre des conventions qui lient les deux pays ».
En outre, le Premier ministre a reçu hier le vice-ministre allemand auprès du ministre fédéral de l’Economie et de l’Energie, Uwe Karl Beckmeyer, en visite à Alger dans le cadre de la tenue de la 6e commission mixte algéro-allemande. L’audience, qui s’est déroulée en présence du ministre de l’Industrie et des Mines, Abdsslam Bouchouareb, a permis, selon un communiqué, « d’aborder les relations bilatérales notamment les questions liées à la coopération entre les deux pays en particulier dans le domaine économique et énergétique ».