La préparation des prochaines élections législatives du 4 mai relance le débat politique et capte l’intérêt des citoyens à Béjaïa, du moins les observateurs de la scène politique locale.

Alors que les états-majors régionaux des partis politiques et ceux des candidats indépendants s’attèlent à peaufiner leurs listes respectives dans la discrétion la plus totale, les palabres vont bon train au sujet des candidats potentiellement éligibles lors des prochaines joutes électorales.

En effet, les discussions des citoyens portent essentiellement sur la composante éventuelle de chaque liste, les tractations des candidats dans les coulisses, les critères de choix des postulants, les femmes-candidates les plus en vue…
À noter que les derniers chiffres communiqués par les services de la Direction de la réglementation et des affaires générales (Drag) de Béjaïa font état de 44 retraits de formulaires de candidature, dont 26 effectués par des représentants de partis politiques et 16 autres par des candidats indépendants.
Au FFS, jusque-là première force politique en Kabylie, la tête de liste se jouera, apparemment, entre le chef de groupe parlementaire sortant, Chafaâ Bouaïche, et le premier secrétaire communal du parti à Tazmalt, Yahia Assam, présenté comme candidat favori pour l’unique et simple raison qu’il a un lien de parenté avec le défunt Hocine Aït Ahmed, ex-leader incontesté du FFS. La deuxième place reviendrait à Mme Ichalamane Saïda, actuellement députée et membre du présidium du FFS. Selon certaines indiscrétions, la candidature du député élu tête de liste FFS en 2012, Arezki Derguini, serait rejetée par la direction nationale du parti.
Pour le RCD, parti rival du FFS, l’opération de collecte de dossiers des candidats se poursuivra jusqu’au 22 février prochain. C’est ce que nous a fait savoir le président du bureau régional du RCD, à Béjaïa, Mouloud Deboub, lui-même postulant à la prochaine mandature législative. Son concurrent direct n’est autre que le secrétaire national chargé de la communication du RCD, Atmane Mazouz qui semble être plus proche de la présidence du parti. Il y a aussi trois autres secrétaires nationaux du RCD qui se bousculent pour s’offrir une position plus ou moins éligible sur la liste de Béjaïa. Il s’agit, en fait, de Djamel Benyoub, Réda Boudraâ et Ahcène Tensaout, respectivement secrétaires nationaux aux affaires juridiques, à la formation et aux finances. Côté femmes, la commission nationale chargée de l’élaboration des listes devra choisir entre les deux candidates favorites, à savoir Maître Ouali Nora, avocate et membre de l’APW de Béjaïa, et Mlle Aniza Sadouni, secrétaire nationale chargée de la numérisation et élue à l’APW de Béjaïa.
Quant au FLN, qui a enregistré quelque 65 dossiers de candidature, on croit savoir que le candidat pressenti tête de liste serait le Dr Mohamed Mansouri, l’actuel Directeur général de l’établissement hospitalier universitaire (EHU) d’Oran. Cet ancien DSP de Béjaïa, ex-cadre du RCD, jouit, en effet, d’une réputation incontestable dans sa région. Parmi ses rivaux, il y a l’ex-sénateur du FLN, le Dr Salah Derradji, le député sortant Me Driss Abderrahmane, le Dr Boualem Tatah, ex-DG de l’Institut de formation et des études législatives de l’APN, l’actuel P/APC et mouhafedh de Béjaïa, Abdelhamid Merouani.
Enfin, le parti d’Ahmed Ouyahia, le RND, qui vit une crise organique sans précédent ces dernières années, démarre mal la phase préparatoire de sa liste à Béjaïa. Et pour cause, le bras de fer opposant les deux candidats à la tête de liste, à savoir Kamel Bouchoucha et Omar Alilat, respectivement secrétaire de wilaya du RND et député durant les deux derniers mandats, prend en otage l’avenir du parti. Alors que le premier prétend être plébiscité par son bureau de wilaya, le second se dit être soutenu par 29 bureaux communaux sur les 36 existants. Le dernier conseil de wilaya qui devait se tenir, d’ailleurs, au complexe touristique Les Hammadites de Tichy, a failli dégénérer en une bagarre générale. La police a dû intervenir in extremis pour éviter le pire. Certains militants, dont une dame, membre du conseil national du parti, s’en sont sortis avec des blessures pour avoir osé prendre la parole et dénoncer le «coup de force» et les «intrigues» du coordinateur de wilaya du RND.