A l’occasion de la Journée nationale du martyr, célébrée le 18 février de chaque année, le président de la République a porté hier aux Algériens un message dont on peut dire sans grand risque qu’il est davantage politique et centré sur les questions présentes.

La mention d’histoire y est en bonne place sur toute la première partie de son texte comme le veut la circonstance mais elle n’y est, à vrai dire, pas tout à fait centrale, en comparaison avec le propos politique qu’il a tenu sur le présent et ses enjeux pour l’avenir du pays. M. Bouteflika a laissé l’hommage strict au passé à son ministre des Moudjahidine, Tayeb Zitouni, dont c’est le rôle de défendre l’histoire et la mémoire des résistances au colonialisme. Il en a fait, en revanche, une opportunité pour délivrer un discours qu’on peut saisir à deux niveaux au moins.
Le premier est celui de son engagement dans le débat électoral qui n’est pourtant qu’à ses débuts en se positionnant fermement contre l’abstention et pour une participation massive des Algériens au vote de mai prochain. Il ne le dit pas expressément mais la réussite de ce scrutin contribuera à démentir davantage tous les rapports qu’il dénonce pour leur contenu «complotiste» et d’atteinte au moral national. Le peuple algérien, a-t-il dit, «ne succombera pas à des machinations et autres complots ourdis outre mer et relayés par divers supports médiatiques», a-t-il dit dans une allusion, on ne peut plus claire aux derniers exposés de l’ONG américaine Freedom House qui a placé l’Algérie comme étant un pays «non libre» et des deux parlementaires français qui s’étaient alarmés de la situation du pays et de l’état de santé du chef de l’Etat 

Le deuxième niveau est que le chef de l’Etat ne nie pas la crise contre laquelle il demande aux Algériens qu’ils lui fassent la guerre en gardant en vue les «réalisations» et les «acquis» et «par la rationalisation de nos dépenses, l’amélioration de la gouvernance de notre pays, la mise en œuvre des différentes réformes prévues et la promotion de la valeur du travail». Selon le chef de l’Etat, la crise est forcément passagère et l’enjeu n’est pas de la regarder mais de la combattre dans une nouvelle séquence historique dont le pari est de faire honneur aux glorieux anciens.