En plein débat sur la mémoire, le traditionnel message du président de la République à l’occasion de la Journée nationale du chahid a été construit comme un regard vers l’avenir.

Abdelaziz Bouteflika, c’est visible, n’a pas voulu faire dans la polémique stérile ni dans la surenchère, bien que la revendication portant demande de repentance n’est pas enterrée en Algérie.
Les échéances à venir et les menaces de tous bords qui pèsent sur notre pays ont pris le dessus et sont, selon le chef de l’Etat, à placer au rang des priorités à régler. Trois jours après les propos du candidat d’En Marche! aux élections présidentielles en France, Emmanuel Macron, sur ce qu’était le colonialisme qu’il a qualifié de «crime contre l’humanité», le président Bouteflika aurait pu exploiter l’occasion pour relancer le dossier de mémoire qui lie les deux pays. Non ! Il y a plus important. Et puis, ce n’est pas parce qu’un candidat qui a l’ambition de devenir locataire du palais de l’Elysée a osé dire ce que des officiels français refusent de reconnaître, malgré le fait que le débat est tranché par les historiens, que toute l’Algérie allait s’emprisonner dans l’émotion que le temps électoral, en France, peut frustrer… . En parlant du passé, le chef de l’Etat reste dans la posture de l’hommage rendu aux valeureux martyrs de la guerre de Libération nationale et à ceux d’avant cette séquence historique, qui ont permis à l’Algérie de savourer son indépendance et à son peuple de diriger à sa destinée. «Le recouvrement de la souveraineté et de notre droit à présider aux destinées de notre pays et la liberté de notre décision individuelle et collective de choisir nos représentants, sont le fruit de lourds sacrifices consentis par un million et demi de Chouhada, morts pour que vive l’Algérie et pour que ses enfants puissent jouir des bienfaits de la liberté et de l’indépendance», a soutenu Abdelaziz Bouteflika dans son message. Et de mettre surtout en exergue l’esprit nationaliste du peuple algérien, dans toute sa composante et notamment sa jeunesse quand il dira que «nous sommes conscients et convaincus que notre peuple, dans toute sa composante et notamment sa jeunesse, est pétri d’un esprit nationaliste infaillible puisé dans les sacrifices de nos valeureux chouhada».
Le succès de la bataille de l’avenir, a ajouté le chef de l’Etat, est tributaire de la préservation des acquis des générations successives.