La visite d’Abdeslam Bouchouareb, ministre de l’Industrie, effectuée, dimanche et lundi, à Oran et à Relizane, lui a permis de constater de visu l’avancement des travaux de plusieurs projets structurants du tissu industriel national, dans le textile, l’agroalimentaire et l’automobile.

Un périple durant lequel il n’a cessé de rappeler l’objectif phare de son département : réduire la facture des importations de 25 à 30 milliards de dollars d’ici à 4 ans ; ce qui passerait par l’entrée en production de l’ensemble des projets engagés par le pays et qui entreront en production vers la fin 2018. « L’Algérie déduira ses importations d’un montant allant de 25 à 30 milliards de dollars d’ici à 4 ans », a soutenu M. Bouchouareb, faisant référence aux différents complexes industriels en cours de réalisation dans l’industrie, l’automobile en particulier, les mines et le textile. Ce dernier secteur a été d’ailleurs la première étape de la visite du ministre de l’Industrie dans l’Oranie. A la zone industrielle de Sidi Khettan, à Relizane, le pôle industriel du textile, concrétisé dans le cadre d’un partenariat algéro-turc à travers la création de l’entreprise Tayal SPA, comptera 8 unités de production. « Ce mégaprojet a coûté 2 milliards de dollars, dont 800 millions de dollars sont engagés dans la première étape de l’investissement qui sera bouclée en 2018 », selon les précisions du directeur général de Tayal, Fikret Cobanoglu, hôte de M. Bouchouareb. En avril prochain, la première unité de fabrication entrera en production. La capacité totale du complexe est importante. Trente millions de mètres linéaires (ml) de tissu denim (tissu utilisé pour la confection, entre autres, des jeans). En production non denim, le volume attendu est de 9 000 tonnes de filatures par an, 14 millions ml de tissu, 3 200 tonnes de fils à tricot par an. En ce qui concerne les produits confectionnés, l’usine produira chaque année 12 millions de jeans, 12 millions de chemises et 6 millions de tricots. Dix mille personnes seront recrutées au cours de l’année 2017 et, à terme, le complexe emploiera un total de 25 000 personnes à partir de 2018.

L’étape « allemande »
L’usine de montage de véhicules de la marque allemande Volkswagen, en association avec Sovac, est, elle aussi, installée dans la zone industrielle de Sidi Khettan. Le chantier est balbutiant mais Mourad Oulmi, P-DG de Sovac, ne se départit pas de son optimisme de voir la première voiture de cette usine sortir dans les délais. Les premiers modèles montés en Algérie seront la Golf7, la Polo nouvelle, la Skoda Octavia et le Caddy Life. « Nous allons créer des milliers d’emplois », s’est contenté de dire Mourad Oulmi ; se gardant d’indiquer le moindre agenda. Pour sa part, le ministre Abdeslam Bouchouareb a beaucoup insisté auprès de ce dernier sur le taux d’intégration des produits fabriqués sur le site de Sidi Khettab. « Il faut rapidement, d’ici 4 à ans, atteindre 40 à 45% d’intégration afin d’être compétitif au plan international ». Promesse a été faite que la première voiture Volkswagen fabriquée en Algérie le sera selon les normes et la technologie du constructeur allemand. S’agissant de la sous-traitance, le ministre a invité le patron de Sovac à négocier avec les producteurs de la pièce détachée et de la câblerie.

En finir avec le monopole du sucre
Réalisée dans la zone industrielle de Tafraoui, près d’Oran, la nouvelle raffinerie de sucre sera opérationnelle dès le mois d’avril, soit dans quelque 3 mois. Selon Kada Berrahal, promoteur du projet et déjà à la tête de deux raffineries de sucre à Mostaganem et à Khemis Miliana, cette usine emploiera 450 personnes et disposera d’une capacité de production annuelle de 700 000 tonnes. L’unité devra, selon cet opérateur, réduire la tension sur ce produit qui fait l’objet de monopole sur le marché local. « Nous devons casser le monopole du sucre en Algérie », a-t-il déclaré. En réaction, le ministre de l’Industrie a abondé dans le même sens, estimant que le marché du sucre doit être ouvert aux opérateurs. « Ce genre de projet permet de stimuler la concurrence pour en finir avec le monopole. Le monopole sur le sucre prendra fin en 2017 », a-t-il annoncé. Par ailleurs, Kada Berrahal, qui a débuté ses activités dans l’importation, ne compte pas freiner sa dynamique d’investissement dans le raffinage et la production du sucre puisqu’il compte engager les travaux de réalisation d’une seconde unité afin d’atteindre une production globale de 900 000 tonnes. « La concurrence doit être loyale entre les producteurs de sucre. Elle doit se traduire sur le plan de la qualité et du prix », a-t-il encore expliqué.
Pour rappel, le gouvernement a donné 4 autorisations aux opérateurs du secteur de l’agro-alimentaire pour produire du sucre afin de réduire la facture alimentaire. Les autorisations ont été accordées à Kada Berrahal, au groupe La Belle, au groupe Mazouz et à un autre opérateur dont on ignore le nom. L’Algérie consomme annuellement 1,2 million de tonnes de sucre. Ce volume est en progression chaque année. Il devra atteindre, bientôt, 1,5 million de tonnes, selon les prévisions de l’homme d’affaires oranais.