Réunissant les représentants du ministère de l’Intérieur, ceux des Affaires étrangères, ceux du PNUD et de l’Union européenne, la cérémonie de lancement officiel du programme de renforcement des acteurs de développement local (CapDeL),

tenue hier au Centre international des conférences d’Alger, a permis de développer les grandes lignes de la mise en place du projet dont le but annoncé est une meilleure gouvernance au niveau local, notamment par une plus grande implication de la société civile.

Appliqué dans un premier temps au niveau de dix communes de différentes régions à travers le pays, le projet vise à « s’adapter aux transformations profondes que connaît le monde actuellement caractérisées par de larges avancées démocratiques, une mondialisation des échanges et des évolutions technologiques qui influent sur la société et la culture des pays », indique El Hocine Mazouz, le secrétaire général du ministère de l’Intérieur, en prononçant le discours du ministre de l’Intérieur Nourredine Bedoui. L’orateur rappelle les amendements de la Constitution donnant une plus grande part à la concertation avec « les forces vives du pays ». Pour le représentant du ministère de l’Intérieur, ce projet entre dans le cadre du développement de nouvelles instances consultatives au niveau national et local pour une meilleure gouvernance.
Il est également attendu du projet qu’il offre des « outils pédagogiques et des champs d’expériences à de nouvelles pratiques démocratiques locales », d’autant qu’il « salue » le rôle du mouvement associatif local. Considéré comme étant « une école » en matière de démocratie, ajoute le Secrétaire général du ministère de l’Intérieur. CapDeL est un programme central dans la mise en place d’une gouvernance et d’un développement local, en modernisant et en améliorant les services aux citoyens à travers leur collaboration directe et active grâce à l’implication des jeunes, des femmes, des acteurs associatifs et des opérateurs économiques locaux. Pour ce faire, El Hocine Mazouz a appelé « tous les acteurs de la société à s’approprier les conditions de la stabilité politique, du développement économique et de la cohésion sociale » pour renforcer la relation de confiance entre les citoyens, les administrations et l’Etat.
Une démarche donc que comptent entamer les autorités algériennes à travers le CapDeL pour instaurer «des canaux pérennes de dialogue et de consultation entre les différentes composantes de la société ». Le projet-pilote, qui s’étend de 2017 à 2020, s’articulera autour de quatre axes principaux : encourager la participation citoyenne dans la vie de la collectivité locale, améliorer le service public, notamment par la simplification des services administratifs afin de faciliter les démarches des citoyens en limitant les délais et les documents grâce notamment à l’outil Internet.
Développer l’économie locale via le renforcement de la planification de la stratégie commerciale des collectivités, une démarche qui entre dans la politique de diversification économique menée par l’Etat au niveau national, et enfin l’implication des acteurs de la société civile dans la prévention et la gestion des risques majeurs tels que les catastrophes naturelles et industrielles notamment. Le choix des dix communes-pilotes a été effectué de manière à étudier les différents contextes où le projet sera élaboré. «Climat, situation géographique, contexte sociétal et spécificités économiques » sont autant de paramètres, explique Mohamed Dahmani – chargé d’études et de synthèses au ministère de l’Intérieur – qui permettront l’établissement d’un bilan en amont de la généralisation du programme CapDeL à l’ensemble des collectivités locales du pays. CapDel est financé par le gouvernement à hauteur de 2,9 millions de dollars, l’UE avec 7,7 millions d’euros et le PNUD (Plan des Nations unies pour le développement) avec 200 000 dollars.