Lors d’un point de presse, le directeur de la Cnas Mustapha Lamaâllam a décortiqué le bilan de cette institution durant l’exercice 2016. 

Il voulait une année de recouvrement des créances, pour «épargner» d’autres institutions, liées directement à la Cnas, notamment la CNR, qui risque, selon lui, de se retrouver dans l’incapacité de verser les pensions de ses retraités, surtout en cette morosité économique que traverse le pays.

Des mesures incitatives ont déjà été mises à la disposition des créanciers avant le 31 décembre dernier, conformément aux articles de la LFC 2015, leur permettant de s’acquitter de leurs dus et de bénéficier en contrepartie de l’épongeage des majorations et des pénalités de retard. A ce titre, le directeur de la Cnas affirme que 95% des créanciers, des secteurs public et privé, se sont acquittés de leurs dus ou sont en train de régulariser leurs situations suivant un tableau d’échéancier et selon leurs moyens. Selon le même bilan, 83% de la population de la wilaya de Bordj ont accès à la couverture sociale. Le taux est dans les normes par rapport à la moyenne nationale laquelle est entre 80 et 85%. « La Cnas est une institution citoyenne qui met ses prestations au service des citoyens. Donc tout le monde a le devoir de faire en sorte qu’elle ne fasse pas naufrage», fait-il remarquer. Mais le volet qui s’est taillé la part du lion dans cette rencontre est celui des arrêts de travail de complaisance. Pour y remédier, la direction de la Cnas a organisé une journée de sensibilisation au profit des médecins prescripteurs, les incitant à « se doter du sens de responsabilité » et d’être «soucieux» de ces pratiques qui risquent de provoquer un déséquilibre financier au sein de la Cnas. Auparavant, précise le conférencier, tout certificat médical dépassant une certaine durée devait passer par le contrôle médical, mais durant l’année 2016 tous sont passés, même les certificats d’un jour ou deux. Ce qui a permis de ramener à 21 769 le nombre de certificats délivrés en 2016, contre 23 037 en 2015, soit une baisse de 6%. Le bilan parle également de 1 800 certificats médicaux rejetés en 2015, contre 3 663 en 2016, soit une augmentation de 1 863 actes rejetés représentant un taux de 104% par rapport à 2015. En outre, durant l’année 2015, quelque 327 607 jours ont été indemnisés (soit 910 ans), contre 344 564 jours en 2016, soit l’équivalent de 957 ans. Quant aux dépenses journalières de la Cnas, le montant a grimpé de 346 152 646 dinars en 2015 à 362 162 453 dinars en 2016, soit une hausse de 5%. Pour ce qui est des congés de maternité, la Cnas a indemnisé 217 407 jours pour les 2 364 femmes affiliées. Au chapitre invalidité, durant l’année 2015, la Cnas a versé 225 362 442 dinars pour les 914 pensions, contre 233 110 162 dinars en 2016, soit une hausse de 4%. S’agissant des accidents de travail et des maladies professionnelles, 73 647 affiliés ont été indemnisés en 2015, contre 85 216 en 2016, soit une hausse de 19%, indique la même source. Au total, durant l’année 2015, la Cnas a remboursé 86,9 milliards de centimes correspondant aux 603 843 jours, soit 1 700 ans, contre 91,5 milliards de centimes correspondant aux 647 187 jours en 2016, soit 1 800 ans de couverture sociale pour une seule personne.