C’est dans un contexte inédit qu’intervient, cette année, le double anniversaire du Printemps berbère et du Printemps noir. Deux dates charnières qui marqueront la lutte continue et dévouée pour la reconnaissance identitaire et culturelle en Algérie.


Les activités et autres manifestations commémoratives publiques étant annulées pour cause de pandémie, c’est sur un registre plus intimiste que s’expriment les commémorations pour perpétuer la mémoire.
C’est probablement la première fois que l’anniversaire n’est pas célébré publiquement, notamment dans les localités des wilayas de Béjaïa, Tizi Ouzou et Bouira. Cette année, l’heure est à la sensibilisation sur une situation sanitaire exceptionnelle qui recommande de préserver sa santé et celle de ses proches. Ne pas mettre la santé de la collectivité en danger est aussi une attitude qui va en droite ligne du combat et des luttes citoyennes. La commémoration du double anniversaire du Printemps noir 2001 et du 20 Avril 1980 prendra une allure virtuelle en cette singulière année 2020 où le monde semble en suspens. Confinement oblige, c’est sur les réseaux sociaux que s’est installé un semblant d’activités liées à la célébration du double anniversaire. Certains ont décidé de poster les photos des victimes du Printemps noir sur leurs pages Facebook afin, disent-ils, de perpétuer la mémoire de ceux qui sont tombés pour une Algérie meilleure, alors que d’autres ont appelé à poser des bougies sur les fenêtres. Pour perpétuer la commémoration de la lutte pour la liberté et la reconnaissance identitaire, les réseaux sociaux dans leurs différences se sont substitués aux activités classiques. Des initiatives ont été organisées afin de marquer l’évènement. Certains médias, chaînes de télévision, radios, sites, magazines d’information, associations ainsi que des groupes ou pages de la société civile se sont vite mis au diapason de l’évènement sur les réseaux sociaux. L’outil internet sera ainsi utilisé tous azimuts afin de célébrer l’anniversaire à travers des vidéos et autres voix sonores rappelant des faits historiques qui auront marqué les luttes mais aussi des témoignages d’acteurs des deux Printemps qui ont marqué l’Algérie dans son histoire récente. Certains partis politiques ont tenu à marquer cet événement en rappelant les sacrifices de ceux qui ont cru jusqu’au bout à la reconnaissance, devenue aujourd’hui une réalité. Tamazight langue nationale et officielle et Yennayer, fête nationale, une reconnaissance inimaginable à l’aube de la lutte. En cet anniversaire sous confinement, certains partis ont tenu à marquer l’événement en diffusant des déclarations. Le Front des forces socialistes (FFS) a rappelé en cette occasion que « l’histoire de l’Algérie combattante ne s’arrête pas de s’écrire. Elle continue à immortaliser sans rupture le long chemin escarpé d’un peuple en quête permanente de liberté, de justice sociale et d’émancipation économique et identitaire. C’est dans ce contexte historique, marqué de luttes et de combats incessants contre le déni identitaire et linguistique, puis, de soulèvements pacifiques pour un Etat de droit et démocratie, contre toutes formes de despotisme et de renoncement au serment du 1er Novembre 54 et aux valeurs intemporelles du Congrès de la Soummam que nous célébrons aujourd’hui, le double anniversaire du 20 Avril, en souvenir des 40 longues années qui nous séparent des manifestations charnières du Printemps berbère et des 19 années qui nous renvoient aux terribles événements ensanglantés du Printemps noir de 2001 », souligne le FFS. De son côté, le Rassemblement pour la culture et la démocratie RCD s’incline « devant la mémoire de tous ceux qui ont donné leur vie pour la dignité, la lutte pour la démocratie et le recouvrement de notre identité, en premier lieu les martyrs du Printemps noir. Il rend hommage en particulier à tous les militants qui ont fait en sorte que la flamme de la liberté continue à éclairer notre chemin et celui de nos concitoyens. Il est indéniable que leurs sacrifices ont rendu possible Février 2019. »<