Dès les premières heures de la journée, une file indienne se forme au point kilométrique du petit village «Haddada», situé entre Oum Teboul, chef-lieu communal, et le poste de transit, village à ne pas confondre avec celui du côté de Souk Ahras.

Les nouvelles dispositions prises par les douaniers et policiers algériens ont permis, deux jours seulement après la fête de l’Aïd El Adha, une rapide fluidité des passagers vers le territoire tunisien. Selon des sources fiables pas moins de 20 000 passagers transitent chaque jour par le seul poste de douanes d’Oum Teboul, dans la daïra d’El Kala, wilaya d’El Tarf. Dès les premières heures de la journée, une file indienne se forme au point kilométrique du petit village « Haddada », situé entre Oum Teboul, chef-lieu communal, et le poste de transit, village à ne pas confondre avec celui du côté de Souk Ahras. Policiers et douaniers en faction sont mis à rude épreuve en ces journées caniculaires par le nombre impressionnant de vacanciers qui partent en Tunisie, en faisant des réservations au niveau des hôtels et appartements de Hamamet, Tabarka, Sousse, voire même Djerba, cette ville balnéaire située à une centaine de kilomètres de la capitale tunisienne, très prisée par les touristes de tous les continents. Les formalités de passage vers ce pays, qui accueille à chaque saison estivale plus de deux millions d’Algériens, sont réduites au strict minimum. Des passagers nous racontent qu’elles ne durent pas plus de dix minutes. Mais le problème se pose au niveau de l’attente pour pouvoir arriver au poste. L’attente dure parfois plus de deux heures, certains ont même dû attendre sept heures en dépit des nombreux couloirs de passage. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, les transitaires sont moins nombreux sur l’autre poste de transit « El Ayaoun ». Les voyageurs toutes catégories confondue ont une préférence pour celui de Oum Teboul distant de Tabarka de 22 km. Les choses se corsent au niveau des policiers et douaniers tunisiens, les formalités de passage durent parfois plus d’une heure et avec un traitement tout à fait différent. En dépit du changement opéré du côté algérien rien ou presque n’a été fait du côté tunisien. Voyageurs transitaires verront de toutes les couleurs. A Oum Teboul, même les désagréments des coupures intempestives du courant n’affectent pas le boulot des formalités de passage puisque le poste est pourvu d’un groupe électrogène qui redémarre dès la coupure. Les passagers croisés sont satisfaits des formalités adoptées par les policiers et les douaniers. En effet, contrairement aux précédentes années, avant le réaménagement du poste, les formalités se font sans quitter la voiture.
Cependant, le calvaire les attend au poste tunisien. Les douaniers présents nous ont indiqué qu’on s’attend à un plus grand nombre à partir de samedi. Il est vrai que les touristes algériens préfèrent se rendre en Tunisie que de rester sur la côte algérienne car les autorités n’ont rien entrepris de concret pour le développement touristique local. Le pays ne manque pas de sites paradisiaques, à l’image de Béjaïa, Jijel, El Kala, les côtes algéroise, annabie, skikdie, oranaise etc. mais les restaurateurs, hôteliers ou autres responsables de l’accueil ne sont pas initiés à une culture touristique. A chaque saison, les commerçants triplent les prix faisant donc fuir les clients vers la destination Tunisie. Pour cette année, la saison estivale est jugée par ceux qui ont séjourné à El Kala ou Annaba de ratée. En un mot, elle est loin d’atteindre les prévisions. Les vacanciers se rendent en Tunisie pour d’autres paramètres, comme les services impeccables et les locations sont à la portée d’un fonctionnaire moyen. Un Algérien de retour nous signale qu’il a passé quinze jours à Tunis en louant pour ses quatre enfants un studio deux pièces équipés pour 30 dinars tunisiens la nuitée. En terre tunisienne, plusieurs opportunités de location sont offertes et chacun louera selon son argent. Sur la côte algérienne, ce n’est pas le cas, avoue-t-il. Les touristes de retour nous ont signalé aucun incident n’est survenu en Tunisie. Bien au contraire, ils ont tenu à remercier les Tunisiens pour leur bon accueil et leur hospitalité ancestrale. Les Algériens de retour de Tunisie nous avouent que le gouvernement tunisien a misé gros dans le secteur touristique pour attirer ceux qui viennent des pays étrangers en dépit de la faible cote économique. Les responsables de ce secteur tentent par tous les moyens de redorer le blason de ce secteur qui remplit les caisses tunisiennes en devises. n