Par Bouzid Chalabi
La feuille de route mise en place jusqu’ici par le ministère de l’Agriculture et du Développement rural pour développer la production agricole n’a vraisemblablement pas donné entière satisfaction. C’est du moins ce que l’on pourrait déduire à travers l’annonce du ministre du secteur Abdelhafid Henni de la mise en œuvre d’une autre stratégie qui «va consister à relancer les productions agricoles notamment stratégiques», a-t-il indiqué depuis la wilaya d’Adrar où il était en visite de travail, jeudi dernier, en compagnie de la ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme, Kaouter Kirikou.
Comme il a précisé à cette même occasion que son département ministériel s’employait à concrétiser un important programme de développement de divers produits agricoles, notamment stratégiques comme les céréales. Pour le détail, selon le premier responsable du secteur, cette stratégie vise «à relancer le secteur agricole et comprend, dans sa première phase, plusieurs axes, à savoir la promotion de la production des céréales, des légumineuses, du lait, des viandes rouges et blanches et des légumes». Quant à la deuxième phase, Henni a fait savoir qu’«elle sera consacrée à la révision de la feuille de route relative à la gestion du secteur agricole, conformément aux instructions des hautes autorités du pays, à travers un programme quinquennal permettant d’atteindre les objectifs tracés à la lumière de la conjoncture mondiale actuelle».
Toujours à propos de cette nouvelle stratégie, le ministre a, dans son intervention lors des travaux de la première session du Conseil national de l’Union nationale des paysans algériens (UNPA), qui c’est tenue hier à Alger en présence du ministre de la Pêche et des Productions halieutiques, fait part de la démarche adoptée. «Il sera procédé dans les prochains jours au lancement du recensement des superficies agricoles destinées à la production des cultures stratégiques à l’échelle nationale». Révélant dans ce sens : «Le recensement va s’effectuer en collaboration avec le ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement des territoires par le biais de la géolocalisation. Ce qui va permettre d’identification des producteurs et l’évaluation des exploitations.» Il a, par ailleurs, expliqué que le recensement vise à fournir des données statistiques précises au ministère pour les besoins de «l’amendement des politiques publiques pour le développement des filières agricoles de large consommation et le développement d’une nouvelle approche qui facilitera la modernisation du secteur, l’amélioration des rendements agricoles et la conception d’une vision rationnelle qui prend en compte le véritable potentiel du pays».
Campagne moissons-battage 2022
Soulignons que le ministre de l’Agriculture a en outre rappelé aux membres dudit conseil que le recensement sera mené en parallèle avec la prochaine campagne moissons-battage 2022. A ce titre, il a précisé que la superficie totale ensemencée en céréales au cours de cette saison est estimée à 2 900 000 ha, dont 54 % en blé dur, 29 % en orge, 14 % en blé tendre et 3 % en avoine. Concernant les préparatifs de la prochaine campagne, «plus de 11 000 machines de récoltes ont été mobilisées dont 1 100 moissonneuses-batteuses appartenant à des Coopératives des céréales et légumes secs (CCLS), de même que les capacités de stockage ont été portées à 44,5 millions de quintaux, en incluant des points de stockage supplémentaires, le cas échéant, ainsi que des sites de stockage et de collecte. Ce qui permettra ainsi d’augmenter les capacités de stockage», a affirmé Abdelhafid Henni. Ce dernier a en outre indiqué dans la foulée que «toutes les dispositions pour accompagner les agriculteurs, en mobilisant les moyens nécessaires à la campagne moissons-battage et au transport des récoltes, ont été prises». Non sans préciser qu’un travail est en cours pour augmenter les capacités de stockage et inciter les agriculteurs à proposer leurs produits aux CCLS. Sur ce dernier point, le ministre a rappelé la décision du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, d’augmenter les prix d’achat à la production d’un quintal de céréales livré par les producteurs à l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) au niveau des points de collecte relevant de l’Office.
Pour rappel, les prix du blé dur sont fixés à 6 000 DA/q, du blé tendre à 5 000 DA/q et à 3 400 DA/q pour l’orge et l’avoine. n