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Les personnalités qui avaient lancé un appel aux autorités du pays pour débloquer la situation politique par la satisfaction des revendications du mouvement populaire pour le changement (Hirak) ainsi qu’à la «libération immédiate» des détenus d’opinion ont, à nouveau, publié hier un nouveau communiqué d’exhortation et de mise en garde contre d’éventuels risques de dérapages le jour du scrutin du 12 décembre.

Ce nouveau texte est porteur d’un double message, le premier du regret que ces mêmes autorités n’aient pas écouté la sollicitation à l’apaisement par l’ouverture d’un dialogue, le second adressé au Hirak pour qu’il considère sa lutte dans la durée et le «rendez-vous du 12 décembre comme une étape parmi d’autres» qu’il «traversera avec succès pour préserver son pacifisme après cette date, grâce à son degré de conscience et à son comportement civilisé ».
Entre les lignes, les signataires de l’appel du 10 décembre glissent que le scrutin de demain, jeudi, ne sera pas la solution recherchée par le pouvoir pour sortir le pays de l’impasse dans laquelle il se trouve depuis des années et dans laquelle il s’est davantage englué depuis février dernier ; et plus gravement depuis que la partie se joue entre un pouvoir réel, qui a tenu jusqu’au bout à sa «solution» de l’élection présidentielle, et un mouvement populaire persuadé que ce vote ne sera rien d’autre qu’un moyen de recycler le système de gouvernance qu’il rejette catégoriquement.
En clair, ils disent vouloir éviter tout glissement qui pourrait donner à la crise politique et institutionnelle une articulation sécuritaire aux conséquences inconnues, mais certainement fâcheuses pour le Hirak dont la réputation et la morale politiques ont toujours été celle d’un mouvement qui rejette la violence et la condamne sous n’importe quelle forme qu’elle est susceptible de prendre. D’où leur appel solennel à «ne pas empêcher l’exercice par d’autres citoyens de leur droit à s’exprimer librement malgré les divergences d’approche et des positions politiques».
«Le devoir de tout un chacun implique d’éviter tout dépassement et de ne pas répondre aux provocations d’où qu’elles viennent », ajoutent les auteurs de l’appel. Il s’agit, soulignent-ils, de « faire preuve d’un haut niveau de retenue pour préserver la communion dans cette épopée rassembleuse (…) qui doit rester le symbole de l’unité et de la résistance face à toute forme de division, de falsification et aux tentatives de semer les germes de la fitna et de la haine ». Les signataires, qui affirment à la fin de leur déclaration qu’ils « renouvellent leur soutien plein et entier au Hirak populaire et pacifique jusqu’à la concrétisation de toutes ses légitimes revendications », appellent les « tenants du pouvoir à renoncer aux discours provocateurs, à l’usage du langage de la menace, et à cesser d’accuser de trahison tout citoyen porteur d’opinion contraire à celle du pouvoir, dans la recherche d’une sortie de crise ». « Nous le rendons responsable de tout dérapage éventuel dans les jours à venir », attestent-ils.

Liste des signataires :
Ali Yahia Abdenour, Ahmed Taleb Ibrahimi, Ali Benmohamed, Abdelaziz Rahabi, Mustapha Bouchachi, Noureddine Benisaâd, Arezki Ferrad, Hedi Hassani, Nacer Djabi, Louisa Aït Hamadouche, Farida Benferrag, Abdelghani Badi, Elhadj Moussa Ben Amor, Nacer Yahia, Seif el Islam Benattia, Mouslem Babaârbi, Hachem Saci, Dris Cherif.