Le général Giap, commandant en chef de l’Armée populaire vietnamienne, avait une influence décisive sur la lutte victorieuse contre les colonialistes français et les impérialistes américains agresseurs

Le général Giap a reçu ses quatre étoiles et est devenu le premier général quatre étoiles de l’Armée populaire vietnamienne. Les lourdes charges qui pesaient sur ses jeunes épaules (il avait alors 37 ans) ne l’empêchaient pas de mener à bien ses tâches. Ses recherches, son entraînement et sa volonté lui ont valu la confiance que le Parti, le Président Hô Chi Minh et le peuple vietnamien plaçaient en lui.
Les trente ans des charges de commandant en chef de l’Armée populaire vietnamienne et de chef de l’organisation du Parti dans l’armée ont confirmé que Giap était un militaire hors pair, un dirigeant jouissant d’un grand prestige du Parti, de l’Etat et du peuple du Vietnam, gagnant la confiance et la sympathie des officiers et soldats qui le proclamaient « combattant aîné » de l’Armée populaire vietnamienne.
Sous la direction du Parti et du Président Hô Chi Minh, le général Vo Nguyên Giap s’est révélé par les grandes contributions qu’il apportait à l’édification d’une Armée populaire vietnamienne puissante, régulière, aguerrie et de plus en plus moderne. La Brigade de propagande de l’armée pour la libération nationale -la première troupe régulière composée de 34 combattants armés de fusils et mousquetons- s’agrandit au fil des jours pour devenir une véritable armée forte de régiments, de corps d’armée aguerris et munis d’une volonté d’acier face aux envahisseurs.
La victoire de Diên Biên Phu « retentissante de par le monde » a montré que l’armée vietnamienne grandissait et mûrissait sous la direction clairvoyante du Parti et du Président Hô Chi Minh bien-aimé et sous le bâton de commandement judicieux du général Giap. C’est la première fois dans le monde que l’armée d’une petite colonie d’Asie a vaincu celle d’une puissance européenne.
Durant la guerre de défense contre les impérialistes américains, le général Giap resta à la tête de l’armée et, avec le politburo du Parti, élabora des politiques stratégiques. Il n’a pas tardé à faire des propositions et avait de grands mérites dans la construction d’une armée populaire régulière et moderne et la mise en place de diverses armes telles Défense aérienne, Armée de l’air, Marine, Forces spéciales, la construction de la Piste Hô Chi Minh sur terre et sur mer en vue de ravitailler les forces combattantes dans le Sud jusqu’à la victoire finale.
Particulièrement, quand la fin des atrocités approchait, le général Giap a proposé la constitution des corps d’armée (1, 2, 3 et 4) susceptibles de multiplier la puissance des divisions et de régler les questions posées par la combinaison des diverses forces jetées dans les batailles d’envergure requérant d’énormes puissances de destruction. La Campagne militaire du printemps de 1975, se terminant par l’Offensive Hô Chi Minh historique, a confirmé la créativité du général Giap et la pertinence de ses propositions qui, d’une part, ont répondu à la demande de la situation sur le terrain et, de l’autre, satisfait à un besoin de l’extension des forces armées et de régler les questions posées par la guerre de l’époque. Aux tournants historiques de la révolution vietnamienne depuis la Révolution d’août 1945, et dans toutes les opérations militaires des guerres de résistance contre les colonialistes français et les impérialistes américains, et en combattant sous la bannière triomphante du Parti et du Président Hô Chi Minh, le général Giap a contribué à faire remporter des victoires retentissantes réagissant sur le cours de l’histoire de la nation. Il est devenu un général légendaire, un génie militaire de l’époque… et a soulevé l’admiration d’un grand nombre de chefs d’Etat, d’hommes politiques, d’érudits, d’historiens, de journalistes, d’écrivains et de gens de par le monde et s’est attiré leur respect.
Le général Giap était un spécialiste de premier rang des arts de la guerre par le peuple du mouvement de libération nationale aussi bien dans le pays que le monde. Tantôt il s’agit, pour la partie belligérante faible en nombre et en force, de combats étirés dans le temps dans l’attente d’un changement des forces comparatives, tantôt saisir l’occasion qui se présente pour gagner une bataille stratégique susceptible de faire changer les conjonctures de la guerre, et c’est aussi la construction des forces armées à trois composantes, leur organisation et leur utilisation destinées à transformer petit à petit les forces naissantes modestes en des armées, des armes, des corps d’armée aguerris, capables de gagner des batailles sur le terrain. Quelquefois, la question consiste à prendre l’initiative en matière de stratégies et au niveau d’opérations militaires, à bien analyser et estimer la situation avec la pensée stratégique profonde, à bien envisager les éventualités, à juger vite les intentions et l’action de l’ennemi pour avoir l’initiative en matière de forces, d’organisation des dispositifs de combats et de manière de combattre, il s’agit d’organiser des réseaux d’approvisionnements stratégiques et des campagnes…
Le général Giap était un chef qui excellait dans l’art de la stratégie, il était à la fois maître tacticien et maître stratège. Il était un général talentueux, un commandant qui, à tout moment, pesait le pour et le contre quant aux rapports de force, prenait l’initiative de faire faire changer par l’adversaire le plan de bataille à l’avantage de ses propres troupes en vue de déjouer les calculs tactiques, stratégiques et d’opérations de l’adversaire avant de le mettre K.-O. Un bel exemple en était de passer de la tactique dite « d’attaque-éclair pour prompte victoire » à celle « d’attaque sûre pour avancement sûr » permettant à Giap de défaire les colonialistes français à Diên Biên Phu et de remporter la victoire finale dans la guerre de résistance aux colonialistes français.
D’autres exemples confirment le talent de Giap le stratège, le choix de Buôn Ma Thuôt dans le Tây Nguyên (Hauts-Plateaux du Centre) pour faire une percée dans la ligne de défense ennemie, proposition de faire exécuter avant termes le plan de la libération du Sud-Vietnam en 1975 quand l’occasion s’est présentée, signal d’attaquer donné à temps pour libérer Huê et Dà Nang ainsi que les îles de Truong Sa, accord pour la constitution de la colonne de troupe d’Est et ordre donné à ses troupes « d’agir avec la rapidité de l’éclair » et « de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace », ordre donné à la colonne de troupe d’Est de maintenir le rythme des progressions pour atteindre Saigon dans les meilleurs délais sans attendre l’action des quatre autres colonnes dans la Campagne Hô Chi Minh historique victorieuse conduisant à la libération du Sud-Vietnam puis à la réunification du pays.
Dans les opérations militaires d’envergure décisives, on a toujours affaire à un général Giap résolu, éclairé et distingué pour sa pensée militaire et tacticienne ainsi que son don pour commander. Le général Giap a enrichi ses connaissances et formé ses talents dans le domaine militaire en s’inspirant, d’une part, de l’histoire des luttes contre les envahisseurs de sa nation et de l’histoire militaire mondiale et, de l’autre, des batailles qu’avait livrées l’armée vietnamienne. C’est ce qui lui a permis de faire la différence, de forcer l’admiration de par le monde et de se faire reconnaître pour un général célèbre, un des généralissimes sans égal de l’histoire de l’humanité… et l’une des rares personnes qui puissent faire changer le cours de l’histoire.