Par Hakim Ould Mohamed
Des 40 milliards de dollars de flux d’investissements à destination du continent africain, l’Algérie en a capté 1,1 milliard de dollars seulement. C’est ce qu’on peut lire en tout cas dans le rapport annuel 2021 de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), rendu public hier. L’organisation onusienne fait constater que le flux d’Investissements directs étrangers à destination de l’Algérie a chuté de 19% en 2020. La valeur des IDE recensés en Algérie en 2020 s’établit à 1,1 milliard de dollars, indique le rapport de la Cnuced, précisant que les entrées étant principalement dirigées vers le secteur des ressources naturelles.
Comparés à 2019, la baisse de la valeur des IDE est de 200 millions de dollars, puisqu’en 2019, les flux des investissements directs étrangers (IDE) vers l’Algérie ont totalisé 1,3 milliard de dollars, contre 1,4 milliard de dollars en 2018. La Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement note, néanmoins, qu’en 2020, l’Algérie a annulé la règle du 51/49% qui plafonnait à 49% la participation des partenaires étrangers dans les projets d’investissement. Cette suppression ne concerne pas le commerce de détail, les secteurs stratégiques qui restent assujettis à cette loi, instituée, faut-il le rappeler, par la loi de finances complémentaire de 2009 à l’effet d’encadrer l’investissement étranger en Algérie. «Bien que cette annulation puisse encourager la diversification des IDE, l’impact peut n’apparaître qu’après une reprise plus large des investissements étrangers», estime la Cnuced dans son rapport. Cette organisation onusienne indique, dans son rapport, que la pandémie de la Covid-19 a eu un impact significatif sur les investissements directs étrangers (IDE) en Afrique. «En effet, les flux vers le continent ont baissé de 16% en 2020, à 40 milliards de dollars, contre 47 milliards de dollars en 2019», lit-on dans le rapport. «La cascade de défis économiques et sanitaires due à la pandémie, combinée aux faibles prix des produits de base énergétiques, a pesé lourdement sur les investissements étrangers vers le continent», souligne la Cnuced. Son Directeur de l’investissement et des entreprises, James Zhan, cité dans le rapport, fait remarquer que les économies dépendantes de produits de base, à l’instar de l’Algérie, dont le budget dépend dans ses deux-tiers des recettes pétrolières et gazières, ont été plus sévèrement touchées que les autres. «Un environnement difficile a affecté tous les aspects de l’investissement étranger», souligne James Zhan. Ainsi, les flux d’IDE vers le continent ont baissé de 16% en 2020, à 40 milliards de dollars, contre 47 milliards de dollars en 2019.
Les entrées d’IDE en Afrique du Nord se sont contractées de 25% atteignant 10 milliards de dollars, contre 14 milliards de dollars en 2019, avec des baisses importantes dans la plupart des pays. L’Egypte est restée le principal bénéficiaire des IDE en Afrique, avec toutefois une réduction importante des flux (-35 %) à 5,9 milliards de dollars en 2020. Pour 2021, bien que la Cnuced prévoie une croissance des IDE en Afrique cette année, une reprise économique tiède et un programme lent de déploiement des vaccins menacent l’ampleur de la reprise des investissements. Les IDE vers le continent ne devraient croître que de 5 % en 2021, ce qui est inférieur aux taux de croissance prévus à l’échelle mondiale et dans les pays en développement. Le Directeur de l’investissement et des entreprises à la Cnuced estime que la hausse attendue de la demande de produits de base, en particulier dans le secteur de l’énergie, dont l’Algérie est pays exportateur, est un facteur plaidant en faveur de la hausse des IDE vers l’Afrique en 2021. n