L’annonce officielle, mercredi soir, d’un cas avéré du coronavirus en Algérie impose la mise en place de mesures préventives d’urgence. Entre autres, une large campagne de sensibilisation. « Elle va être menée à partir des
11 000 officines de pharmacie que compte le pays », a rapporté le président du Syndicat national des pharmaciens d’officine (Snapo) Messaoud Belambri, lors de son passage hier au Forum du quotidien national Rencontre. Selon ce dernier, les officines ont été instruites de prendre part de manière active à cette campagne de sensibilisation. « Le mode opératoire va consister à installer des affichettes au sein des officines et des panneaux mettant en exergue les consignes de prévention à exécuter, des dessins révélant les symptômes spécifiques au coronavirus ainsi que d’autres renseignements utiles », a indiqué le conférencier. Comme il a souligné que les structures compétentes en la matière se sont mobilisées « pour prendre les mesures qui s’imposent dans ce cas précis », a-t-il révélé. Interrogé sur la disponibilité des masques de protection au niveau des officines Messaoud Belambri a rassuré que les pharmacies en disposent suffisamment, « mais dans le cas où la demande pourrait exploser, les deux ou trois unités de production ont la capacité d’y répondre », a-t-il souligné pour clore ce chapitre.
Interpellé sur le décret exécutif relatif à la vente de psychotropes et le début de sa mise en application sur le terrain, le président du Snapo a rappelé que « le décret est le premier texte réglementaire qui organise enfin la gestion technique des psychotropes au niveau des structures de santé publique et privée. Il est paru sur le Journal Officiel le 5 janvier ». Et de préciser dans ce sens : « Comme le stipule la procédure en vigueur, ce n’est qu’après 90 jours que commencera sa mise en application au niveau des officines.» « La publication de ce décret est un grand pas pour la sécurisation du circuit des psychotropes et des conditions de travail des professionnels de santé, notamment les pharmaciens. Plusieurs outils techniques sont prévus par ce nouveau texte et dans lequel des procédures de contrôle sont également définies car il concerne tout le secteur d’amont en aval, c’est-à-dire l’importation, la production, la distribution, les officines et les établissements de santé publics et privés», a précisé le président du Snapo. Tout comme il a énoncé, que « tout médicament classé officiellement comme psychotrope devra désormais être prescrit sur une ordonnance à souches, en trois exemplaires et de différentes couleurs, avec des numéros de série. La digitalisation de la gestion des psychotropes est également prévue, ce qui va encore améliorer la sécurisation de la gestion et l’utilisation de ces produits sensibles ». Dernier sujet abordé lors de ce Forum, les récurrentes pénuries de médicaments. Selon le conférencier, le nombre de médicaments que l’on trouve épisodiquement au niveau des officines s’élève parfois à hauteur de 150. Cela est dû en partie à la disproportion entre le nombre de grossistes distributeurs et celui des officines (11 000), ajoutant que les causes du dysfonctionnement dans le marché de la distribution du médicament sont connues. «Le ministère de la Santé dispose de toutes les informations qui affectent ce secteur. Il ne reste plus qu’à s’asseoir tous autour d’une table pour arrêter les priorités et les actions à entreprendre sur le terrain. » <