Les Saoudiens comptent investir 10 milliards de dollars en dix ans en Algérie et en contrepartie les opérateurs algériens investiront 5 milliards de dollars pour la même période, a indiqué, hier, à Alger le président du conseil d’affaires algéro-saoudien, Raid Ahmed Al Mazroue, côté saoudien.

« Ce montant reste difficile à concrétiser », a ajouté M. Al Mazroue. Et pour cause, les hommes d’affaires saoudiens refusent la règle de partenariat 51/49 qui a été pourtant transférée du code des investissements à la loi de finances. L’Algérie octroie des incitations à tous les investisseurs étrangers à travers l’Agence nationale de développement de l’investissement (ANDI). Pour sa part, l’Arabie saoudite possède un programme, dit « AKTIFA » dans le cadre duquel ne bénéficient des incitations que les étrangers ayant obligatoirement un partenaire saoudien. L’autre blocage est la ligne maritime qui tarde à se concrétiser. En effet, selon M. Al Mazroue, la partie saoudienne ne voit pas le bout du tunnel dans la concrétisation de ce projet « très important ». Il réclame donc sa concrétisation en « urgence ». Et pour cause, il exporte sa marchandise pour 100 dollars la tonne vers l’Algérie alors que son expédition au Singapour ne lui coûte que 25 dollars seulement, selon ses propos. Pour lui, cette ligne permettra d’exporter à moindre coût d’un pays à l’autre.

Quatre projets seront signés aujourd’hui 

Pour sa part, Riadh Amour, vice-président de la Chambre algérienne de commerce et d’industrie (CACI) dira : « Nous avons senti une volonté de la part des Saoudiens à venir investir en Algérie dans différents domaines ». En effet, aujourd’hui, les protocoles d’accord seront signés portant sur quatre projets entre des opérateurs algériens et leurs partenaires saoudiens. Il s’agit d’un projet entre l’Algérien Azur Medical et la société saoudienne dont est propriétaire Docteur Ahmed Othmane Al Kassabi pour la création d’un hôpital et un autre projet de gestion des entreprises hospitalières. L’autre protocole sera émargé par la société IRIS JC Industriel et l’entreprise El Mordjane dans le domaine de l’hôtellerie. Le quatrième projet concerne la société de boissons Nafaâ et la société saoudienne AGAT pour exporter des fruits et légumes à partir d’Algérie vers l’étranger. Les Saoudiens sont aussi intéressés par les domaines des énergies renouvelables, de la pétrochimie et de l’agriculture. D’autres projets devraient être signés à l’issue du comité mixte. Concernant le visa pour les hommes d’affaires algériens, un texte juridique a été décrété pour faciliter l’octroi. D’ailleurs, lors de leur dernière visite à Ryad tous les opérateurs algériens ont obtenu leurs visas sans exception. La durée de validité est comprise entre un mois à une année avec plusieurs entrées. Les échanges commerciaux sont inférieurs à 1 milliard de dollars qui profitent à l’Arabie saoudite, a fait par ailleurs savoir M. Al Mazroue. Pour le volume des investissements saoudiens en Algérie, il est de moins de 2 milliards de dollars, tandis que ceux des Algériens sont insignifiants, a indiqué la même source. En 2016, les exportations algériennes vers l’Arabie saoudite étaient de 794 millions dollars et les importations s’élevaient à plus de 646,3 millions de dollars, a détaillé M. Amour.