Le plan de relance économique comprendra 1000 milliards de dinars que l’Etat entend injecter immédiatement dans l’économie, auxquels s’ajouteront 10 milliards de dollars disponibles.

L’annonce a été faite, dimanche, lors d’un Conseil des ministres consacré exclusivement à l’examen du plan de relance économique, dont certaines mesures devraient être mises en place immédiatement, tandis que d’autres interviendraient à moyen et long termes, lit-on dans le communiqué sanctionnant les travaux dudit conseil. Le gouvernement n’a soufflé mot sur la nature des ressources qu’il envisage d’injecter immédiatement dans l’économie, mais il semblerait, à en croire des économistes, qu’il puiserait dans le reliquat inutilisé des montants produits au moyen de la planche à billets. A ces réserves en dinar et en devises qu’entend mobiliser le gouvernement aux fins de relancer l’économie s’ajouteraient les économies prévues sur l’actuel exercice budgétaire et qui s’élèverait à près de 20 milliards de dollars, lit-on dans le communiqué du Conseil des ministres. «Le Président de la République a noté avec satisfaction l’annonce faite par le ministre des Finances que le pays pouvait injecter immédiatement pour l’investissement et la relance économique l’équivalent de mille milliards de dinars auxquels s’ajoutent dix milliards de dollars disponibles qui viendront s’ajouter aux économies susceptibles d’être faites sur les dépenses inhérentes aux services et autres études. Cela viendra en appui aux mesures visant l’élimination de la surfacturation et la récupération de l’argent disponible dans le marché informel», souligne le Conseil des ministres dans son communiqué. Ces montants doivent permettre à l’Etat de relancer l’investissement, de faciliter l’accès aux crédits et de renforcer l’outil de production et des services. S’agissant des économies qui viendraient soutenir les 1000 milliards de dinars et les 10 milliards de dollars annoncés, celles-ci proviendraient essentiellement des mesures de réduction des importations, notamment les services et le transport maritime de marchandises ; une action destinée, outre le renforcement des disponibilités en devises, à réduire la pression sur les réserves de changes au moyen de la réduction du déficit de la balance des paiements. Il s’agira également de «récupérer l’argent disponible dans le marché informel et réintégrer ce dernier dans le circuit officiel, de récupérer également dans les réserves d’or du pays, les fonds gelés depuis des décennies au niveau des douanes et des saisies au niveau des ports et des aéroports, pour les intégrer aux réserves nationales», précise le communiqué du Conseil des ministres. Ces mesures permettraient à l’Etat de faire une économie de près de 20 milliards de dollars à la fin de l’actuel exercice budgétaire, si l’on tient aux estimations du gouvernement. Ce dernier avait déjà annoncé à l’issue des précédents Conseils des ministres une économie de sept milliards de dollars sur les importations des services et quatre milliards de dollars sur l’importation de l’équipement industriel. Il semble vouloir faire mieux que ce qui a été prévu dans la loi de finances complémentaire 2020, puisque celle-ci avait prévu une baisse de la valeur courante des importations de marchandises de 4,7 milliards de dollars, pour atteindre 33,5 milliards de dollars, en sus de la baisse de la valeur courante des services de 2,3 milliards de dollars. Par ailleurs, le chef de l’Etat a donné instruction lors du Conseil des ministres de dimanche «d’accélérer l’ensemble du processus de réforme du secteur notamment en ce qui concerne la réforme du système bancaire qui devient plus urgente que jamais, d’accorder une attention toute particulière à la numérisation et à la modernisation des secteurs des impôts, du cadastre et des douanes et de poursuivre le processus de mise en place de la finance islamique pour dynamiser la collecte de l’épargne et créer de nouvelles sources de crédits», lit-on dans le même communiqué. <