Le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a tenu, hier, à rassurer quant à la disponibilité des ressources financières pour le financement du plan de relance socioéconomique.

A l’ouverture de la réunion du gouvernement avec ses partenaires sociaux, le chef de l’Etat a annoncé que les réserves de change de l’Algérie s’établissent désormais à 57 milliards de dollars ; un peu moins que 60 milliards ; dont une partie reste mobilisable, si besoin il y a, pour l’accompagnement des projets d’investissement. Bonne nouvelle pour les investisseurs qui s’inquiétaient jusqu’ici de l’amenuisement des disponibilités financières immédiatement mobilisables et d’une éventuelle hausse du coût de l’endettement auprès des banques. Dans la foulée, le chef de l’Etat, qui prononçait un discours à l’occasion de la tenue de la «conférence nationale sur le plan de relance pour une économique nouvelle», a évoqué, plus précisément, la possible affectation, durant l’année en cours, de 10 à 12 milliards de dollars de réserves de change à des financements d’investissements. Les réserves de change culminaient à plus de 62 milliards de dollars en début de l’année, mais le matelas en devises se rétrécissait ainsi comme peau de chagrin, sous l’effet de la hausse du déficit de la balance des paiements, conjuguée à l’effet de valorisation négative. Le solde du stock en devises, placées dans les banques souveraines occidentales, a chuté ainsi d’un plus haut de 194 milliards de dollars à la mi-2014 à 57 milliards de dollars actuellement. Un total de 137 milliards de dollars a été ainsi perdu sur les réserves de change en un laps de temps de six années, à raison d’une moyenne de 20 milliards de dollars par an. La mobilisation d’une partie des réserves de change restantes en faveur de l’investissement permettra aux investisseurs d’avoir un cash-flow leur permettant d’accélérer la reprise de l’activité au niveau de certains secteurs à haute valeur ajoutée pour l’économie. Cette allocation des ressources en devises en faveur de l’investissement relance, par la même, un vieux débat sur l’utilité du placement, à perte, des réserves de change dans les banques occidentales, alors que le stock en devises aurait pu servir à alimenter un fonds d’investissement mobilisable au bénéfice de l’économie nationale. Dans le même contexte, Abdelmadjid Tebboune a rappelé que le budget 2020 avait été établi sur la base d’un prix référentiel de 30 dollars/baril, alors que le prix moyen est de 44 dollars, ce qui offre, a-t-il souligné, une«aisance» dans le financement budgétaire. Le chef de l’Etat a réitéré, à la même occasion, son refus catégorique de recourir à l’endettement extérieur, quelle qu’en soit la forme. Il a ainsi déclaré : «Je refuse catégoriquement l’endettement auprès du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale et même auprès de pays amis et frères (…) pour préserver notre souveraineté entière». Les disponibilités financières, qui interviendront en soutien à l’économie, et plus particulièrement aux entreprises, étaient jusqu’à présent peu expliquées, notamment sur leur origine. On sait donc un peu plus sur l’origine des 10 milliards de dollars qui seront mobilisés en faveur de l’investissement, annoncés, il y a quelques semaines, par le ministre des Finances, lors d’un conseil des ministres présidé par Abdelmadjid Tebboune. Aux 10 milliards de dollars annoncés, 1000 milliards de dinars étaient également immédiatement mobilisables en faveur de l’investissement. Le président Tebboune a fait état, hier, de «1.900 milliards de dinars de disponibilités bancaires pour l’investissement», avançant, sur sa lancée, des recettes pétrolières de l’ordre de 24 milliards de dollars à la fin de l’année en cours, nettement en baisse par rapport à l’année dernière. Le Président de la République a tenu à rassurer quant à une situation financière plutôt soutenable, la qualifiant de «supportable» même si elle est «difficile».