Le Directeur général des Forêts (DGF), Ali Mahmoudi, a réagi hier à la décision de la présidence de la République de revoir à la hausse les peines encourues par les pyromanes, auteurs ou complices d’incendies de forêt.

Par Nadir Kadi
Le responsable, invité sur les ondes de la Chaîne III, de la Radio nationale, a en ce sens «salué» l’initiative «d’aller vers l’élaboration d’une loi dissuasive contre les personnes à l’origine des feux de forêt». L’augmentation des peines, qui devraient à terme s’établir entre 10 et 30 ans de prison ferme pour les personnes reconnues coupables, avec «l’exclusion de toutes mesures de grâce», serait même une urgence pour Ali Mahmoudi. Ce dernier, tenant pour preuve la faiblesse et les difficultés de la réponse pénale au lendemain des incendies de Khenchela : «Les trois personnes qui ont été présentées au Parquet de Khenchela ont été libérées tout de suite après, bien que la Gendarmerie avait donné toutes les preuves (…) Celui qui a traité cette affaire a exigé des preuves matérielles, or dans ce type d’incendie, on ne peut plus avoir de preuves matérielles.»
Le responsables de la DGF précise dans la même logique que la principale cause des incendies reste «l’intervention humaine», il s’agirait le plus souvent d’actes de négligence, d’inconscience mais aussi d’action criminelle. Ainsi Ali Mahmoudi fait savoir que lors des derniers incendies à Chréa, ayant entraîné la mort d’un agent de la Protection civile et la perte de près de 25 hectares, «des citoyens ont informé que le feu avait commencé à 4 heure du matin (…) Il a été provoqué par des gens qui ont allumé un barbecue dans une zone très difficile, où l’accès se fait par une piste et un sentier». Même chose lors des derniers incendies près de Tikijda : «Un incendie a été provoqué lors d’un mariage par l’utilisation d’un feu d’artifice (…) Cela a coûté 30 hectares de maquis et de chênes verts, sans compter toute la mobilisation de l’armée, des citoyens… qui ont passé la nuit à combattre le feu.» Quant aux gigantesques feux dans la wilaya de Khenchela, «le caractère criminel n’est plus à démontrer (…) L’Agence spaciale a donné les preuves que les départs de feux à Khenchela ont été provoqués par la main de l’homme», explique Ali Mahmoudi, avant d’ajouter que les services de lutte contre les incendies découvrent fréquemment des traces d’actes ou d’intention criminelle. «A Tébessa, des personnes ont été arrêtées (…), à Aïn Defla des pneus ont été découverts (…) et, plus récemment, dans la deuxième partie de l’incendie de Chréa, la gendarmerie et l’armée ont découvert des pneus préparés pour être allumés». En ce sens, il a été révélé hier que la multiplication des feux ces dernières semaines font déjà de la saison 2021 l’une des plus difficiles : «Sans les incendies de Khenchela, nous aurions un bilan des plus habituels, proche du scénario de 2018 qui avait été le meilleur depuis l’Indépendance (…) Malheureusement, avec l’incendie de Khenchela, nous sommes à l’heure actuelle à un total de 10 200 hectares de couvert végétal incendiés lors de 486 départs de feu». Et dans le détail, il s’agit selon le DGF de 7 500 hectares de forêt, 1 600 de maquis, 811 de broussaille, 136 d’alfa, 94 d’arbres fruitiers. Et la région la plus touchée reste Khenchela avec «8 689 hectares incendiés lors de 26 départs de feu». Quant aux moyens de lutte contre les flammes, Ali Mahmoud, qui réfute les critiques sur une «faiblesse» de réaction des autorités, a en substance déclaré que la prise de conscience était générale. Rappelant en ce sens que le gouvernement s’oriente vers l’acquisition d’avions de lutte contre les incendies : «De grandes avancées ont été faites (…) Jamais un gouvernement n’avait pris la décision d’acquérir des avions bombardier d’eau.» Ainsi sans donner plus d’information sur les délais d’acquisition, de livraison ni même sur le ou les modèles choisis, le responsable explique qu’il s’agit d’avions relativement petits : «Il y a des avions qui peuvent s’approvisionner au niveau des plan d’eau que nous avons pour une moyenne de 3 000 litres, c’est ce type d’appareils dont nous avons besoin». Mais quand ?<