Par Bouzid Chalabi
La nouvelle mesure relative à l’allocation chômage, prévue pour entrer en vigueur en janvier 2022, va sûrement dévoiler un taux précis du chômage en Algérie. En effet, et ce n’est un secret pour personne, jusqu’ici, le taux actuel de 11 % révélé par l’Office national des statistique (ONS) ne reflète pas le taux réel, dans la mesure où des centaines de sans-emplois échappent au pourcentage rapporté. Autrement dit, à la faveur du nouveau dispositif, il faut s’attendre à une explosion de demandes d’allocation chômage. Sur ce dernier point, il faut savoir, selon le Directeur général de l’Agence nationale de l’emploi (Anem), Abdelkader Djaber, que plus de 800 000 chômeurs bénéficient actuellement de l’allocation chômage. Ce dernier, qui s’exprimait hier sur la chaîne privée Echourouk-News, concernant le montant octroyé, a précisé qu’il variait entre 8 000 et 15 000 DA. Il a, par ailleurs, évoqué le bilan d’activité de l’Anem correspondant à la
période de janvier à octobre 2021. Révélant en substance : «Nous disposions que de 285 000 offres d’emploi en 2021 contre 1 433 000 demandes d’emploi déposées à travers toutes les agences de l’Anem. Des chiffres qui indiquent clairement la situation difficile que traverse le marché national du travail. Et dire tout le désarroi dans lequel sont plongés des milliers de chômeurs, dont une grande partie a fini par ne plus espérer décrocher un emploi, fut-il en contrat pré-emploi. A propos de cette formule, le Directeur général de l’Anem a confié que celle-ci «va être probablement prolongée pour une année supplémentaire».

33 % des demandeurs d’emploi sont universitaires
Revenant sur la pandémie de la Covid-19 et ses conséquences sur le marché de l’emploi, il dira : «Elle a eu de graves répercussions au point de toucher presque toutes les franges de la société, plus particulièrement les universitaires. Pour preuve. 33 % des demandeurs d’emploi auprès de l’Anem détiennent un diplôme universitaire», a-t-il précisé. Toujours dans ce même sillage, il a fait savoir qu’en «ce qui concerne les non diplômés, qui ne jouissent d’aucun savoir-faire ni formation, un nouveau dispositif va être mis en place afin de faciliter leur insertion sur le marché de l’emploi». Interrogé sur le nouveau dispositif de l’allocation chômage, le Directeur général de l’Anem a rappelé, avant de répondre, que «pendant toute la période de crise sanitaire, les offres d’emploi, comme partout dans le monde, ont connu une baisse tangible, ce qui s’est traduit par une recrudescence du nombre des sans-emploi». Ce qui, selon lui, «a poussé le gouvernement à intervenir en mettant en place un nouveau dispositif d’aide aux sans-emploi». Pour le détail, «il consiste en un montant qui sera versé mensuellement aux chômeurs inscrits au niveau de nos agences». Concernant la valeur de cette allocation, il a expliqué : «Pour les chômeurs qui résident dans le Sud du pays, ils percevront 14 000 DA par mois, pour ceux issus des wilayas de l’Est, la somme fixée est de 12 000/mois et, enfin pour ceux des wilayas du Centre et de l’Ouest de l’Algérie, l’allocation sera de 10 000 DA.» A noter, comme le mentionne le texte de loi relatif à cette mesure, qu’elle concerne seulement la tranche d’âge entre 19 et 40 ans des personnes sans travail ayant déposé un dossier de demandeur d’emploi, il y a au moins 6 mois au sein de cette agence. Cette subvention sera accordée pendant six autres mois jusqu’à une année. Il est possible de renouveler cette demande sur une période de 6 mois uniquement. De surcroît, dès la réception de l’allocation, le chômeur doit se présenter tous les deux mois à l’agence en question. Sans cela, le versement de la somme s’arrêtera automatiquement.