Le chef de l’Etat Abdelmadjid Tebboune a décidé, hier, d’une grâce présidentielle qui a touché 1 076 détenus condamnés définitivement, à l’occasion du mois de Ramadan, et ce, en vertu de l’article 91 de la Constitution, notamment les alinéas 7 et 8, a indiqué un communiqué de la présidence, qui a fait état également de mesures de «clémence» déjà décidées au profit 70 accusés «dans des affaires de troubles à l’ordre public».

PAR NAZIM B.
Les mesures de «clémence» sont à l’évidence celles qui ont permis, entre mercredi et vendredi derniers, à la cinquantaine de «hirakistes» de sortir de prison où ils étaient en détention préventive. Reste ainsi à savoir si les autres prisonniers sur les 70 annoncés seront concernés par cette mesure, vu que des familles de détenus attendent depuis mercredi de bonnes nouvelles en ce qui concerne leurs proches toujours en détention.
«La procédure d’élargissement des détenus d’opinion, lancée le 30 mars, a concerné, pour l’instant, des prisons dans 13 wilayas (Alger, Tizi-Ouzou, Tlemcen, Ouargla, Jijel, Blida, Aïn Témouchent, Boumerdes, Bordj Bou-Arréridj, Sétif, Constantine, Chlef et Batna)», a indiqué samedi le Comité national pour la libération des détenus (CNLD).
A l’évidence, et en plus de la mesure de grâce qui a touché 1 076 personnes définitivement condamnées, les mesures de clémence ordonnées par le président Tebboune pour les manifestants du Hirak sont à considérer, selon toute vraisemblance, comme un message d’apaisement tant réclamé par différents acteurs de la scène politique et des animateurs du mouvement associatif. «Cette démarche, qui est et restera l’une des revendications de notre parti, doit être généralisée à tous les détenus d’opinion, outre l’annulation des poursuites à leur encontre et leur réhabilitation», a plaidé vendredi le FFS à l’annonce de la vague de remises en liberté des détenus. Estimant que «c’est ainsi que sera décisivement tourné ce dossier», le FFS considère que de tels pas «s’ils sont accompagnés d’une véritable volonté politique» pour construire un Etat de droit et de démocratie, sont de nature à instaurer un climat d’apaisement et à rétablir la confiance, permettant d’entamer un processus politique consensuel visant à bâtir un Etat souverain et fort avec l’adhésion de son peuple». Il ne s’agit pas d’une première mesure présidentielle dans ce registre dans la mesure où des décisions d’élargissement au profit des jeunes poursuivis pour des actes liés à l’attroupement ont été déjà prises dont les dernières ont été décrétées à l’occasion de la célébration de la fête de l’Indépendance, le 5 juillet dernier.
Le président de la République a décrété des «mesures d’élargissement au profit des jeunes poursuivis pénalement et se trouvant en détention pour avoir commis des actes liés à l’attroupement et ce à l’occasion de la célébration du 59e anniversaire de la fête de l’Indépendance et de la Jeunesse, avait indiqué alors un communiqué du ministère de la Justice. Les juridictions compétentes ont été alors instruites à l’effet de procéder à l’élargissement des individus concernés, un élargissement qui a été suivi, dix jours plus tard, par des mesures de «clémence complémentaires» qui viennent s’ajouter à celles annoncées le 4 juillet 2021, selon les termes du ministère de la Justice. n