Fortement réprimée par la police, vendredi dernier, au lendemain de l’élection présidentielle, la marche de ce 44e vendredi s’est déroulée dans une ambiance de solidarité et de soutien aux manifestants arrêtés la semaine dernière à coups de matraque.

Pour ce 44e Hirak du vendredi, tenu au lendemain de l’investiture du nouveau président de la République Abdelmadjid Teboune, les forces de l’ordre, mobilisées à la place du 1er-Novembre en force, sont restées à l’écart sans intervenir pour arrêter la marche. Ils étaient spectateurs de l’événement laissant les manifestants avancer dans le calme en direction de la rue Larbi-Ben M’hidi. Il était 14H30 lorsque les Hirakistes, qui ont commencé à se rassembler sur la place bien avant la prière du vendredi, ont décidé de marcher. Pas question de marcher avant cette heure, les instructions des Hirakistes étaient strictes sur ce point. « Khawa, il faut attendre 14H30 pour commencer le mouvement et pas avant », a lancé l’un des manifestants à la foule, condensée près de la stèle de l’Emir Abdelkader, chef de la lutte contre l’invasion française et symbole de la paix pour le Hirak. Avant, les Oranais ont voulu faire dans l’hospitalité en préparant du couscous pour les Hirakistes venus des autres wilayas. Des dizaines de plats ont été distribués donnant une ambiance de fête à ce Hirak. A 14H30 pile, la foule a commencé à marcher, hommes, femmes, jeunes, enfants accompagnés de leurs parents scandaient des slogans de fraternité et contre la « issaba » et le vote. « Allah akbar, on n’a pas voté », « silmiya, silmiya, hata nahou askar d’El Mouradia », « pacifiquement, on retirera l’armée d’El Mouradia ». A aucun moment, les Hirakistes n’ont scandé des propos insultants contre le président élu. Leurs revendications étaient axées sur « issaba ». Et à aucun moment, les forces de l’ordre n’ont intervenu pour arrêter la marche. Les manifestants, pour leur part, ont fait preuve de beaucoup de sagesse dans leur mouvement en insistant pour la fluidité de la circulation et en évitant de répondre aux provocations de certains jeunes qui scandaient des slogans favorables au nouveau Président. La manifestation était bien encadrée pour éviter tout dérapage. Le mot d’ordre était « silmiya, silmiya et khawa, khawa », « pacifisme et fraternité ». Pour certains Oranais, qui se sont mis à l’écart de cette marche, l’heure est venue de voir jusqu’où le nouveau Président va tenir ses engagements. « On va lui donner un délai, si aucune promesse n’a été tenue, nous reprendrons le mouvement avec nos frères ».

Loubna Zahaf