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jeudi, 08 novembre 2018 06:00

La Banque mondiale met en garde contre l’inflation : L’Algérie, un terrain propice ?

Écrit par Hakim Ould Mohamed
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La Banque mondiale a estimé, hier, qu’une éventuelle hausse continue de l’inflation mondiale, qui avait atteint des niveaux bas record, risque de compromettre les efforts déployés par les économies émergentes et en développement pour conserver le faible niveau d’inflation de ces dernières décennies.


Dans une étude inédite consacrée à l’inflation dans les économies émergentes et en développement, l’institution de Bretton Woods prévient que les conséquences délétères d’une inflation élevée risquent de peser lourdement sur les pauvres, qui conservent l’essentiel de leurs actifs en numéraire et qui dépendent principalement des revenus salariaux, des prestations sociales et des pensions. Un taux d’inflation élevé étant généralement associé à un ralentissement de la croissance économique, il est donc vital, d’après la Banque mondiale, de maintenir l’inflation à un niveau modéré et stable si l’on veut lutter contre la pauvreté et les inégalités. Le constat de la Banque mondiale s’applique parfaitement sur un pays comme l’Algérie qui, en plus de la réduction des budgets dédiés à l’investissement, qui se sont traduits par un net recul de la croissance, la politique de financement monétaire, adopté en octobre 2017, fait craindre le resurgissement des vieux démons et un retour de tensions inflationnistes.
A juin 2018, les tirages de monnaie au moyen de la planche à billets se sont chiffrés à 3585 milliards de dinars, destinée, à la fois, à soutenir les dépenses courantes, la dette interne, et les besoins en financement de l’investissement. Malgré cette quantité de billets imprimée, l’inflation a été maintenue à moins de 5% ; la Banque centrale ayant procédé à des opérations de stérilisation d’une partie des quantités de billets imprimés et à une reprise des liquidités aux fins d’éviter une hausse de la masse monétaire qui serait porteuse d’incidences inflationnistes. La Banque mondiale a souligné, néanmoins, que dans une économie mondiale fortement intégrée «il peut s’avérer aussi difficile de maintenir l’inflation à un niveau faible que de parvenir à ce niveau d’inflation». «Ces pays doivent se préparer à affronter des variations soudaines de l’inflation mondiale en renforçant leurs politiques monétaires, budgétaires et financières. » L’étude de l’institution de Bretton Woods analyse en particulier l’incidence de la politique monétaire et des variations des prix des produits alimentaires sur l’inflation dans les pays à faible revenu.
La responsable au groupe d’étude des perspectives de développement de la Banque mondiale, et co-rédacteur du rapport, Franziska Ohnsorge, a estimé que « si l’on veut atténuer l’impact qu’exercent sur la pauvreté les chocs sur les prix mondiaux des produits alimentaires sans provoquer d’effets secondaires, une approche politique nuancée s’impose. » Cependant, la politique du financement monétaire adopté en octobre 2017 par le gouvernement ne serait l’unique source d’inflation en Algérie. Les restrictions à l’importation et la dépréciation de la monnaie nationale sont d’autres facteurs favorisant la hausse de l’inflation.
Un euro s’échange contre 143 dinars cette semaine, tandis qu’un dollar vaut 123 dinars, contre 1 euro pour 106 dinars et un dollar pour 78 dinars en juin 2014. Ce glissement spectaculaire du dinar face aux principales devises s’est accompagné d’une forte détérioration du pouvoir d’achat, tant des entreprises que des ménages. « Les fluctuations des taux de change peuvent amplifier l’impact des forces mondiales sur l’inflation nationale dans les économies émergentes et en développement », ont conclu les experts de Washington, en précisant toutefois que ces fluctuations ont nettement moins de chances de se traduire par des tensions inflationnistes lorsque la Banque centrale est indépendante et jouit d’une bonne crédibilité. « Si l’inflation mondiale augmente, ces pays risquent donc d’assister à une amplification des tensions inflationnistes », ont-ils déduit. Pour ainsi dire, la Banque d’Algérie fait face à un défi multiple ; celui de stériliser les quantités de monnaie crées au moyen de la planche à billets, parer à une forte dévaluation de la monnaie nationale et tenter par la même de réduire l’impact de l’inflation importée en créant un marché de devises à terme au profit des entreprises. <

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