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dimanche, 09 octobre 2016 20:57

Journée internationale contre la peine de mort : La bataille des pour et des contre en Algérie

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Le monde célèbre aujourd’hui la Journée internationale contre la peine de mort. Les ONG de défenses des droits de l’homme, ainsi que les organismes des Nations unies renouvelleront, à cette occasion, leur appel pour une abolition totale de ce châtiment dans toutes les législations mondiales. L’Algérie n’est pas en marge des discussions sur cette question qui continue à occuper le devant de la scène politico-médiatique.

lutte peine mort

En effet, avant mars 2013, les discussions sur la peine de mort en Algérie étaient beaucoup plus un sujet de discussion entre élites et hommes politiques. L’opinion publique était ainsi absente de la scène pour diverses raisons. Les conférences plaidant pour la suppression de cette peine du code pénal qu’animaient, chaque 10 octobre, la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme et Amnesty Algérie, attiraient peu de monde. De même pour les déclarations des partis islamistes appelant à l’instauration de cette peine. Mais, depuis mars 2013, les choses ont commencé à changer avec l’émergence du phé- nomène du kidnapping et de l’assassinat d’enfants par des adultes. Le kidnapping de deux enfants, suivi par leur lâche assassinat, à Constantine, a fait réagir l’opinion publique locale. Une marche suivie d’une grève générale dans cette ville a été organisée le jour de l’enterrement des deux petites victimes pour demander l’exécution des auteurs de crimes contre les enfants. Une action vite cautionnée et soutenue par des partis politiques, associations et personnalités publiques. Sans tarder, l’Association des oulémas remet sur la table l’application de la peine de mort. Elle estime que la lutte contre les crimes ne peut se faire sans application de la peine de mort selon les principes de la charia. Ses membres ont alors multiplié les sorties mé- diatiques pour appeler le gouvernement à lever le moratoire sur la peine de mort. Pour cette association, l’abolition de la peine de mort n’est qu’« une soumission aux Occidentaux » qui veulent « bloquer l’application de l’Islam dans les pays musulmans ». Des partis islamistes, tels que le MSP, Ennahdha et Islah, ont également sauté sur l’occasion pour tenter de séduire l’opinion publique très sensible sur les questions religieuses et de l’enfance. Ils s’expriment ouvertement sur les plateaux de télévision en faveur du retour à l’application de la peine de mort. Ce discours revient à chaque fois qu’un kidnapping est signalé. Cette année encore, après notamment l’aff aire de l’assassinat de la petite Nihel à Tizi-Ouzou,suivi malheureusement d’autres, a encore cristallisé le débat sur la question de la peine de mort après la multiplication des appels à tous les niveaux de la société pour appliquer la peine de mort sur les tueurs d’enfants. D’ailleurs, en raison de cette demande de plus en plus insistante, le président de la Commission nationale consultative pour la promotion et la protection des droits de l’homme (CNPPDH), Me Farouk Ksentini, pourtant un partisan de l’abolition de la peine de mort pendant des années, semble faire machine arrière. Interrogé par la presse sur la recrudescence des crimes contre les enfants, il a indiqué que son institution ne s’oppose pas à l’application de la peine capitale sur les personnes impliquées dans le rapt et l’assassinat d’enfants. De telles déclarations renforcent la thèse de la levée prochaine du moratoire sur la peine de mort sur ce genre de crimes. Le ministre de la Justice a, lui aussi, laissé entendre que la levée du moratoire est une option envisageable.

HAUSSE DES CONDAMNATIONS EN 2015

La montée des voix qui appellent à la levée du moratoire sur la peine de mort a été accompagnée, en 2015, par une hausse importante du nombre de condamnations à mort prononcées par les juges algériens. Selon les chiff res d’Amnesty International, qui pré- sente annuellement un rapport sur la peine de mort au monde, la justice algérienne a prononcé 62 condamnations à mort en 2015 contre 16 en 2014. Cette hausse a été expliquée par Me Ksentini par la forte religiosité des magistrats algériens qui se réfèrent, parfois, à la charia au lieu de la loi algérienne.

LE COMBAT POUR L’ABOLITION SE POURSUIT

Devant la montée de la revendication relative à la levée du moratoire sur la peine de mort, on trouve des personnes qui continuent de militer publiquement, mais aussi dans la discrétion pour la suppression complète de ce châtiment « inhumain » à leurs yeux de la loi algérienne. Parmi les entités qui essayent de maintenir la pression sur le gouvernement pour l’amener à passer à l’abolition, on trouve la section algérienne d’Amnesty International (AI), et la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH). Ces deux organisations tentent, chacune de son côté, de faire avancer les arguments plaidant pour l’abolition de la peine capitale. AI Algérie rappelle à chaque occasion les engagements internationaux de l’Algérie en matière de respect et de promotion des droits de l’homme pour faire avancer sa thèse. Elle lance aussi à chaque pré- sentation du rapport sur la peine de mort un appel au gouvernement pour qu’il aille plus loin que l’abolition en pratique des exécutions. Pour sa part, la LADDH essaye chaque mois d’octobre de mobiliser les organisations de la société civile algérienne pour relancer la coalition nationale contre la peine de mort créée en 2010. Les organisations RAJ, LADH, SOS Disparus et autres militent aussi pour la même cause.

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